Une question de respect et d'intégrité

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M. François Blais,
Ministre de l'Éducation

Je suis enseignante depuis 26 ans. Je suis jeune depuis 26 ans grâce à tous ces futurs adultes québécois qui feront tourner l'économie québécoise, notre nation, notre culture unique, qui forment mes groupes année après année.

J'en ai vu des changements dans les écoles, dans les classes, chez les jeunes eux-mêmes, chez leurs parents; j'en ai vu des réformes. J'ai surtout côtoyé et je côtoie encore des collègues qui aiment autant leur métier que moi. Passionnés par leur rôle : enseigner un contenu disciplinaire, bien sûr, mais amener des jeunes pleins d'énergie, en plein bouillonnement physiologique, émotionnel et intellectuel, des jeunes parfois brisés par leur trop jeune vécu, des jeunes venus avec leurs parents trouver chez nous et dans notre système d'éducation de l'espoir pour une meilleure vie...

(...)Il me reste dix ans à faire ce passionnant travail, peut-être douze... Et j'en apprends encore avec ces beaux jeunes qui continuent d'être eux-mêmes, qui me défient pour mieux comprendre qui ils sont et vont devenir; qui me permettent de devenir une meilleure personne, de rester à jour.

J'ai surtout vu le nombre et la complexité de mes tâches (en dehors de l'enseignement en tant que tel) augmenter.

Il y a quelques semaines, j'ai assisté à une assemblée syndicale où je prévoyais voter contre un mandat de grève : j'ai besoin de tout mon salaire.

J'ai écouté l'énumération des offres patronales qui montrent une véritable méconnaissance et surtout un profond mépris pour notre travail. Mon employeur pense que parce que j'ai la vocation, j'accepterai quand même de continuer à tout faire comme avant, même s'il ne me paiera pas pour ces heures supplémentaires qu'il exigera de ma part.

Par respect pour moi-même, par respect pour les stagiaires que j'accueillerai bientôt, par respect pour tous ces jeunes enseignants qui prennent la relève et qui resteront peut-être dans l'enseignement, pour la santé dont j'aurai besoin pour les années qu'il me reste à enseigner, j'ai voté en faveur cette grève. (...).

Cela fera mal à mon portefeuille, c'est indéniable. Mais il n'y a pas un seul travailleur qui accepterait d'être méprisé de cette façon, de se faire dire d'en faire encore plus en le payant moins, d'en faire encore plus pour ses élèves en ne leur permettant pas d'avoir accès à des conditions convenables à leur éducation.

(...)C'est une question d'intégrité, de franchise, de respect des personnes. (...).

Sylvie Gendreau, enseignante

Sherbrooke

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