Le chemin de croix de PKP

On aurait pu le croire déprimé et en train de panser ses plaies depuis son... (Archives, La Presse)

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On aurait pu le croire déprimé et en train de panser ses plaies depuis son échec à la direction du Parti québécois, mais non! Jean-François Lisée est de retour à l'écriture. Il s'apprête à lancer un livre, le 29 octobre, la veille du 20e anniversaire du référendum de 1995.

C'est l'analyse de l'échec de 1995 et les recommandations pour la prochaine fois qui piquent la curiosité... s'il y a une prochaine fois! Or si Pierre Karl Péladeau, dont on ne retrouve le nom qu'une fois dans ce livre veut s'en inspirer, un véritable chemin de croix l'attend. Les obstacles à franchir sont complexes et nombreux. Lisée a déjà dit de PKP qu'il était une « bombe à retardement ». Il ne se prononce pas sur sa capacité de relever un tel défi. Il passe aussi sous silence le fait que le PQ devra d'abord gagner les élections. On le comprend, compte tenu de son manque d'enthousiasme pour Péladeau pendant la course à la direction.

Voilà donc ce qui attendrait un gouvernement Péladeau au prochain référendum... selon Lisée!

- L'exemple écossais : le Québec devrait en venir à une entente préalable avec Ottawa sur la mécanique référendaire et les résultats exigés. En cas d'échec, Lisée propose une médiation internationale menée par un ancien secrétaire d'État américain et un ancien ministre français des Affaires étrangères, ou encore un négociateur écossais et un britannique.

- Les dépenses : pour forcer le gouvernement fédéral à respecter le plafond de dépenses des camps du oui et du non, il suggère une entente préalable avec Ottawa, à défaut de quoi le Québec modifierait sa loi sur la consultation populaire. Il interdirait notamment aux entreprises présentes sur le territoire québécois d'engager des dépenses non autorisées par les camps du oui et du non. Il pense qu'en cas de non-respect de la loi, des pressions sur les réseaux de télévision et auprès de la Fédération professionnelle et des syndicats de journalistes pourraient forcer le fédéral à s'y conformer. Bonne chance!

- Le vote ethnique : pour empêcher le gouvernement fédéral d'accélérer l'accession à la citoyenneté de milliers d'immigrants, Lisée suggère d'amender la loi québécoise et de n'accorder le droit de vote qu'aux personnes qui ont acquis la citoyenneté depuis au moins 12 mois.

- La ratification : si Ottawa et les autres provinces n'acceptent pas de ratifier la sécession après une entente négociée, l'auteur suggère le recours à une déclaration unilatérale d'indépendance.

- La question autochtone : dans les mots de Lisée, c'est « le principal obstacle à une transition négociée vers la souveraineté, et le plus beau prétexte d'un gouvernement canadien qui voudrait faire dérailler le processus ».

Jamais à court d'imagination, il suggère une formule hybride : le Québec et le Canada continueraient d'exercer les mêmes responsabilités envers les autochtones québécois. Ottawa, dit-il, pourrait même maintenir des bureaux de poste à Kahnawake!

Le livre mérite-t-il la lecture? Il n'y a pas de presse! Si vous avez du temps, il sera mieux utilisé à la lecture des programmes des partis politiques fédéraux.

Pelleter de l'eau

On a l'habitude de voir les gouvernements pelleter leurs déficits par en avant, mais je ne croyais pas qu'on pouvait aussi pelleter de l'eau. C'est ce que vient de faire le gouvernement Harper en bloquant le déversement des eaux usées de Montréal, et en donnant mandat à « un expert indépendant » d'étudier la chose. Les fonctionnaires du fédéral n'ont pas l'expertise nécessaire?

Je vous fais une prédiction : le déversement sera autorisé après les élections. Si je me trompe, je « ravale » mes paroles et je prends une gorgée d'eau de Montréal.

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