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<p>Maurice Cloutier</p>

(Sherbrooke) Éditorial / La Société de transport de Sherbrooke (STS) demande l'établissement par le gouvernement québécois de critères de performance dans le processus de distribution de l'aide financière pour le transport en commun.

Le président de la STS, le conseiller municipal Bruno Vachon, et la directrice générale, Huguette Dallaire, veulent une rencontre avec le ministre des Transports, Robert Poëti, pour exposer leurs arguments. Ils comptent s'appuyer sur plusieurs données officielles.

Ils sont suffisamment confortables avec le portrait global de la STS pour s'en remettre au gouvernement pour identifier les meilleurs indicateurs de performance. Il faut dire que la STS a des atouts dans son jeu avec une croissance importante de la clientèle tout en maintenant des coûts d'exploitation par déplacement très avantageux.

Selon les informations fournies par la STS, elle enregistre une croissance de 72 pour cent des déplacements en période de pointe le matin de 2003 à 2012, ce qui a provoqué un bond de 6,6 à 9,9 pour cent de la part modale du transport en commun en période de pointe le matin.

Actuellement, la STS arrive au troisième rang au Québec pour le nombre de déplacements après Montréal et Québec, au deuxième rang pour le coût le plus bas par déplacement, sans compter qu'elle est première pour le nombre de déplacements en transport adapté.

La sortie publique de la STS survient au moment où les fonds manquent pour poursuivre le développement. La STS est devant un mur, ont avoué ses dirigeants en rencontre éditoriale à La Tribune. La part de la Ville de Sherbrooke a augmenté sensiblement au fil des ans, pour atteindre 42 pour cent du budget. Sans diminuer en dollars, la quote-part du gouvernement a diminué par rapport au budget global. Or l'élan de la STS est ralenti faute de financement accru de l'État. Le soutien de l'État n'a jamais suivi la courbe de croissance de l'utilisation du service dans une ville universitaire comme Sherbrooke. La volonté gouvernementale de réduire les gaz à effet de serre peut être une opportunité pour les sociétés de transport.

Certes, le gouvernement québécois a bien peu d'argent neuf à distribuer. Néanmoins, le ministre Poëti a un devoir d'écoute et d'analyse lorsqu'une société de transport ose lui demander de reconnaître la performance dans ses décisions à venir. En fait, une orientation basée sur la performance est souhaitable dans bien des domaines, surtout lorsque les fonds publics sont rares. Les trois députés libéraux qui couvrent en tout ou en partie le territoire de la Ville de Sherbrooke, Luc Fortin, Guy Hardy et Karine Vallières, devraient appuyer pareille démarche.

Le plaidoyer de la STS n'est pas sans rappeler celui qu'avait fait le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) pendant plusieurs années en réclamant la reconnaissance de ses performances en termes de services offerts par rapport au budget disponible. Le CHUS se considérait victime d'une forme de sous-financement par rapport à son taux d'efficacité. Le gouvernement québécois a déjà récompensé la performance des établissements de santé par le passé.

Cette avenue a l'avantage d'encourager le développement, une bonne gestion et les résultats. Actuellement, Québec ne donne aucun incitatif à une société de transport et à la ville qui en supporte largement le développement pour offrir une desserte plus grande et plus efficace. C'est insensé au moment où les jeunes sont plus sensibilisés que jamais à la nécessité de protéger l'environnement et d'adopter de nouvelles habitudes de vie, notamment pour leurs déplacements en ville.

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