Éditorial : comment savoir?

La mise en accusation pour leurre d'enfant sur... (Archives La Tribune, Maxime Picard)

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La mise en accusation pour leurre d'enfant sur internet d'un psychologue employé par la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) est bouleversante et inquiétante, autant pour le personnel, la direction, que pour les parents.

Archives La Tribune, Maxime Picard

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) La mise en accusation pour leurre d'enfant sur internet d'un psychologue employé par la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) est bouleversante et inquiétante, autant pour le personnel, la direction, que pour les parents.

Elle démontre malheureusement les limites du « filtrage » et des codes de conduite édictés par les employeurs, comme ce fut le cas l'an dernier lorsqu'un enseignant de la CSRS a plaidé coupable à des accusations de leurre d'enfants, de distribution de pornographie juvénile et d'incitation à des contacts sexuels avec des mineurs.

Les commissions scolaires sont tenues par la loi de vérifier les antécédents judiciaires de leurs employés à l'embauche. Ces derniers doivent aussi aviser leur employeur de tout changement à leur dossier.

Or, tant que le dossier d'un employé demeure vierge il est difficile de déceler s'il fait preuve d'une forme d'inconduite, surtout si c'est en dehors de son travail.

Parallèlement, les employeurs ont des règlements internes et définissent la conduite attendue de la part de leurs employés, ce qui peut avoir une portée en dehors des heures de travail, par exemple dans les fonctions de représentation.

Mais ils ne peuvent tout voir et doivent respecter la vie privée.

« Il y a une ligne à ne pas franchir, des règlements internes, des codes déontologie, etc. Mais on ne peut tout prévenir et il y a des limites à ce que l'on peut savoir et à ce que l'on peut faire », explique François Courcy, professeur en psychologie à l'Université de Sherbrooke.

Qu'il s'agisse d'une conduite irrespectueuse, de harcèlement psychologique ou de consommation de pornographie à domicile, comment savoir?

« Dans l'inconduite, plus le risque est important pour une personne et plus les mesures qu'elle va adopter pour ne pas se faire prendre seront sérieuses », signale M. Courcy.

Au-delà de son aspect déontologique et légal, cette histoire soulève également des questions d'ordre éthique en lien avec le libre arbitre, les valeurs morales, le sens des responsabilités et l'imputabilité des individus.

Et là-dessus, les employeurs tout comme les proches ont bien peu de prise.

Une motion trop ciblée

L'adoption par l'Assemblée nationale du Québec d'une motion condamnant l'islamophobie, les discours haineux et les gestes de violence contre les personnes de confession musulmane est tout à l'honneur de nos élus.

Mais ce geste aurait gagné à viser toute forme d'intolérance ou de racisme.

Cette motion, déposée par la députée de Québec solidaire de Gouin, Françoise David, est évidemment en lien avec la controverse sur le port du niqab lors de la prestation du serment de citoyenneté.

Mais en adoptant une motion portant exclusivement sur l'islamophobie, l'Assemblée nationale laisse entendre qu'il y a un véritable problème d'intolérance à l'endroit des musulmans au Québec. Est-ce démontré?

De plus, elle risque de nourrir le discours de prédicateurs autoproclamés, comme Adil Charkaoui, qui se plaît à jeter de l'huile sur le feu et à voir de l'islamophobie partout.

Le Québec a certes connu au cours des dernières années des manifestations d'intolérance contre les musulmans, des gestes isolés que l'immense majorité des Québécois a dénoncés.

Toute forme de violence, d'intolérance ou de discours haineux envers la communauté musulmane est inacceptable et doit être réprimée, particulièrement au moment où le Québec s'apprête à accueillir des centaines de réfugiés syriens.

Toutefois, d'autres groupes minoritaires, qu'il s'agisse des autochtones, des gais et lesbiennes, ou encore des personnes noires, vivent eux aussi parfois de l'intolérance.

Une motion élargie à la lutte à l'intolérance et au racisme en général aurait été nettement plus appropriée et plus significative.

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