Harper doit être plus ferme

Stephen Harper doit soutenir avec davantage de vigueur... (La Presse Canadienne)

Agrandir

Stephen Harper doit soutenir avec davantage de vigueur le système de gestion de l'offre canadien plutôt que de se borner à dire qu'il l'a toujours défendu et continuera à le faire dans le cadre des négociations pour le Partenariat transpacifique.

La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Le gouvernement conservateur de Stephen Harper doit soutenir avec davantage de vigueur le système de gestion de l'offre canadien plutôt que de se borner à dire qu'il l'a toujours défendu et continuera à le faire dans le cadre des négociations pour le Partenariat transpacifique (PTP).

Cet accord vise à libéraliser le commerce et les investissements entre 12 pays autour de l'océan Pacifique, dont le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Chili, l'Australie et le Vietnam.

Fortement remis en question par les tenants du libre marché et par plusieurs pays participants aux négociations du PTP, le système de gestion de l'offre permet de maintenir un équilibre entre l'offre et la demande en vue de contrôler la fluctuation des prix.

Ce système, qui couvre la production de lait, d'oeufs et de volaille, est peut-être imparfait, mais assure un accès à des produits de qualité et offre la stabilité des prix aux producteurs qui contribuent à l'économie nationale.

Alors que les pourparlers pour le PTP reprennent cette semaine à Atlanta, aux États-Unis, des rumeurs (niées par Ottawa) veulent que le Canada s'apprête à ouvrir 10 pour cent de son marché agricole à une dizaine de pays.

Cette concession affecterait directement l'agriculture québécoise et ontarienne, où est concentrée la production laitière et avicole, et pourrait menacer la survie de nombreuses fermes, affirme l'Union des producteurs agricoles (UPA).

Lors du débat des chefs, lundi soir, le premier ministre Harper a répété son intention de défendre le système de gestion de l'offre, mais sans garantir qu'il sera préservé, ajoutant que « notre engagement est de conclure un accord qui est dans l'intérêt supérieur de toute l'économie canadienne ».

Hier, il a refusé de dire s'il a fait des concessions, donnant le moins possible d'information, ce qui fait craindre aux agriculteurs qu'Ottawa s'apprête à sacrifier le système de gestion de l'offre.

Avec un tel allié, il est normal que l'UPA et ses membres soient sur les dents.

Grâce à la stabilité des prix, les producteurs agricoles ont massivement investi dans leurs installations et se sont adaptés à l'évolution du marché, sans recevoir de subventions comme leurs collègues des États-Unis, d'Europe et du Japon.

La gestion de l'offre a permis jusqu'ici de préserver la ferme familiale, de contribuer au dynamisme des régions, en plus de représenter des dizaines de milliers d'emplois.

Le Partenariat tranpacifique offrirait aux produits canadiens une porte d'entrée à un marché de 800 millions de personnes, ce qui serait bénéfique pour les manufacturiers et exportateurs et pourrait stimuler l'innovation et l'emploi.

Mais compte tenu de sa particularité et de son importance pour l'économie québécoise (et ontarienne), il doit toutefois exister une exception pour l'agriculture sous gestion de l'offre.

D'autant plus que plusieurs pays qui participent aux négociations du Partenariat transpacifique protègent leur secteur agricole avec d'importantes subventions et que celles-ci seraient exclues des négociations.

L'attitude évasive du gouvernement Harper n'a rien de rassurant.

Pourquoi remettre en question un système qui a bien servi les Québécois depuis les années 1960, qui est défendu par la vaste majorité des producteurs agricoles et qui ne nécessite pas de subventions de l'État?

Le premier ministre Harper affirme qu'il est essentiel pour le Canada de faire partie du futur Partenariat transpacifique. Fort bien.

Mais il est de son devoir de protéger fermement la production agricole sous gestion de l'offre contre l'arrivée massive de produits subventionnés.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer