Le niqab et nos lendemains

En réaffirmant son opposition au port du niqab durant la cérémonie... (Archives La Presse)

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La Tribune

En réaffirmant son opposition au port du niqab durant la cérémonie d'assermentation de citoyenneté, Stephen Harper fonde son raisonnement sur un rapprochement simpliste entre l'aspect protocolaire de cette cérémonie officielle et le conflit présumé avec son idéal démocratique de transparence.

Il est évident que l'identité de la dame peut être confirmée en coulisse avant ce rituel public, comme le propose le néodémocrate Thomas Mulcair, plus pragmatique et adroit. Tandis que Justin Trudeau agite frénétiquement l'étendard de la liberté d'expression (ou religieuse) pour rallier des électeurs potentiels à ses grands principes libéraux soi-disant « pancanadiens », en appuyant le port de ce déguisement qui dissimule le visage sauf pour les yeux.

Une fois de plus M. Harper sous-estime notre intelligence, M. Mulcair propose la voie du compromis, tandis que M. Trudeau, ce libertaire sans gêne ni mesure, s'insurge en vierge offensée. Tous oublient l'essentiel : le niqab n'est pas un quelconque article vestimentaire, il demeure un symbole puissant et surtout un instrument moyenâgeux de répression contre les femmes. Les intervenants se chamaillent à travers cet écran de fumée qu'est devenue notre Charte des droits et libertés. Comment peut-on réclamer le statut de signe religieux pour le niqab? Si indispensable? Pourtant, tous les musulmans pratiquants ne sont pas tenus de le porter. ...).

Cette coutume discriminatoire, chère aux orthodoxes religieux, fait partie de l'ancien arsenal de domination des femmes et d'exclusion de la vie civile. Ça saute aux yeux. Affirmer le contraire n'est que démagogie ou ineptie, mais vous rend tout de même coupable de cautionner cette supercherie. Encore aujourd'hui, l'Arabie Saoudite, bercail de la Mecque, sanctuaire de l'islam et promoteur d'anciennes doctrines, est toujours sous l'emprise de personnages sanguinaires pour qui la vie et la dignité humaine - particulièrement celle des autres et celle des femmes - ne pèsent pas dans la balance.

Encore moins notre chère liberté occidentale! Le cas de Raïf Badawi est un exemple (...). Le niqab et la burka ne sont que les vestiges et la manifestation de cette mentalité patriarcale et ne devraient pas faire partie du paysage canadien. La France l'a compris il y a quelques années, en interdisant leur port en public. Notre premier ministre devrait ainsi répartir son indignation et lutter aussi pour la libération de Raïf.

Il devrait aussi exercer son influence en s'opposant à la vente d'armes canadiennes à ce régime. Mais l'argent n'ayant pas d'odeur, cela nous permet d'accommoder l'intolérable en toute connaissance de cause, feignant l'idéalisme démocratique ici. (...).

Kevin McKenna

Sherbrooke

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