Un ministre de l'Éducation qui sème la perplexité

François Blais... (Archives La Presse)

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François Blais

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La Tribune

La volte-face du ministre de l'Éducation, François Blais, qui renonce à la fusion des commissions scolaires, a de quoi me laisser perplexe. À première vue, bien qu'il s'agisse d'une bonne décision, les raisons évoquées et la façon de le faire n'ont rien de rassurant quant à ses réelles intentions.

Il demeure tout de même préoccupant de constater que le ministre se laisse les marges de manoeuvre pour recourir à des fusions s'il le juge « nécessaire ». Inquiétant quand on connaît la logique comptable qui guide les décisions de ce gouvernement! Une logique qui laisse supposer que ce qui est nécessaire pour lui n'est pas nécessairement compatible avec les services que l'on doit fournir aux milliers d'élèves pour assurer leur réussite éducative.

Faute d'avoir d'autres solutions à proposer, l'argument des possibles économies engendrées par les fusions est venu occulter la nécessité d'une véritable discussion autour des enjeux de l'éducation publique. Il est malheureux que le gouvernement brouille ainsi les cartes en faisant diversion et en évitant de s'attaquer aux défis de notre système d'éducation. Ces défis sont d'assurer une éducation de qualité pour tous les jeunes et les adultes en formation, des conditions d'apprentissage favorables à la réussite de toutes et tous, et des services destinés à aider les élèves qui éprouvent des difficultés. Voilà ce qu'attendent les parents, le personnel des établissements scolaires et la population en général de notre système d'éducation.

D'ici quelques jours, un projet de loi devrait nous en dire plus sur la gouvernance des commissions scolaires et les pouvoirs qui seront dévolus aux écoles. Un éclairage fort attendu, car le ministre Blais a préféré travailler en catimini plutôt que de procéder à une vaste consultation qui aurait eu au moins l'avantage de le connecter au personnel et aux usagers des réseaux. Cela aurait également permis de le doter d'une vision de l'éducation qui, actuellement, lui fait sérieusement défaut.

Louise Chabot, présidente

Centrale des syndicats du Québec

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