Tempête de réfugiés chez les semeurs de vent

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La Tribune

Le premier ministre Stephen Harper prétend que la guerre contre le groupe État islamique (EI) est la solution à la crise des réfugiés. N'a-t-il pas aucune mémoire? Les guerres en Afghanistan en Irak, en Libye et en Syrie sont la preuve que les guerres ne règlent pas les problèmes, mais les amplifient. Depuis 2001 les guerres contre le terrorisme n'ont fait que l'accroître.

Aujourd'hui, la crise des réfugiés confirme « que celui qui sème le vent récolte la tempête ». Malheureusement, les politiciens et les médias sont muets sur leur rôle central dans la création de cette tragédie aux frontières de l'Europe.

L'afflux de réfugiés vers l'Europe est le sous-produit tragique d'une politique criminelle de guerres d'agression et de changement de régime poursuivies sans interruption par l'impérialisme américain, avec l'aide et la complicité active de ses alliés d'Europe occidentale, au cours de près d'un quart de siècle. À la suite de la dissolution de l'URSS en 1991, l'élite dirigeante américaine a conclu qu'elle était libre d'exploiter la puissance militaire inégalée des USA afin de compenser le déclin économique à long terme du capitalisme américain. Par le biais de l'agression militaire, Washington a suivi une stratégie visant à établir son hégémonie sur les marchés clés et les sources de matières premières. Les régions riches en énergie du Moyen-Orient et d'Asie centrale furent la première cible.

Des guerres de plus de dix ans en Afghanistan et en Irak, menées sous prétexte de « guerre contre le terrorisme » (...) n'ont réussi qu'à détruire des sociétés entières. Des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants sont morts. Les États-Unis et l'OTAN ont ensuite mené une guerre pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi. La Libye fut transformée en chaos sanglant, ravagée par des combats continus entre milices islamistes rivales. Puis vint la guerre civile syrienne. Attisée, armée et financée par l'impérialisme américain et ses alliés, elle devait leur permettre de renverser Bachar al-Assad. Elle n'est plus une guerre civile, mais un champ de bataille pour les djihadistes de partout dans le monde.

Pour mettre fin au terrorisme et au flot des réfugiés, l'Occident doit cesser d'utiliser la guerre comme politique, et doit cesser d'imposer au nom du néolibéralisme des politiques d'austérité qui poussent les peuples dans la misère. Ce sont les situations révoltantes qui créent la révolte.

Yves Lawler

Sherbrooke

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