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Aide médicale à mourir : les maisons de soins palliatifs sous pression

L'immense majorité des maisons de soins palliatifs du Québec, 26 sur 29, ont... (Archives La Presse)

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L'immense majorité des maisons de soins palliatifs du Québec, 26 sur 29, ont décidé de ne pas inclure l'aide médicale à mourir dans les soins offerts dans leurs établissements. Ce qu'elles font est légal; c'est prévu par la loi 52 qui va entrer en vigueur le 10 décembre. Mais beaucoup de personnes reçoivent cette décision comme la condamnation, au nom d'une éthique soi-disant périmée, d'une loi qui a fait l'objet d'un large consensus au Québec. Ces personnes sont loin d'entendre le message des maisons de soins palliatifs avec sérénité, en essayant de comprendre la cohérence de ces établissements qui veulent être une alternative à l'aide médicale à nourrir. Elles réagissent, au contraire, en demandant au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de ne pas écarter la possibilité de faire tomber le couperet sur ces maisons.

Il n'y a pas, du reste, que ces établissements à refuser l'aide médicale à mourir, mais encore des dizaines de médecins oeuvrant dans les hôpitaux. La contestation de l'application de la loi est même devenue une crise.

Peut-on penser que cette crise se résorbera sans l'écoute authentique des personnes? Elles ont des vues différentes du discours officiel; on ne peut pas ne pas les entendre, à moins de pratiquer la dictature du « prêt-à-penser »! Cette écoute prendra du temps, beaucoup de temps. Si le ministre Barrette intervient tout de suite, il fera la preuve d'être un piètre pédagogue.

L'écoute patiente des critiques de l'application de la loi 52 s'impose d'autant plus que l'aide médicale à mourir touche directement aux convictions des médecins. Ces convictions, du reste, n'ont pas à être réintroduites dans la loi, elles y sont déjà, et c'est tout à l'honneur de celle-ci. Or, le débat ne risque-t-il pas de devenir aseptisé, évacuant la place des convictions? Ou encore dogmatique, jugeant les convictions à partir d'un système, alors qu'aujourd'hui on se forge des convictions à partir d'éléments empruntés un peu partout. Est-ce qu'on n'assiste pas, dans un cas comme dans l'autre, à la montée de pressions qui mettent en péril les convictions? Ce serait là une forme de persécution...

Gérard Marier

Prêtre,

Victoriaville

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