Mon fils a de la chance

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La Tribune

Âgé aujourd'hui d'un peu plus d'un an, mon fils fréquente un centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle pour l'aider dans son développement. Sa naissance fut difficile, ce qui a entraîné plusieurs problématiques neurologiques. L'incertitude entourant ses capacités nécessite de lui offrir des soins particuliers afin de maximiser son potentiel. (...).

Il est dorloté par des éducatrices entre ses séances de kinésiologie, de psychomotricité, d'ergothérapie et d'orthophonie. Sur place, un physiatre s'assure qu'on dispose des équipements nécessaires à son bien-être, une neurologue pourvoit à ce dont les traitements conviennent à ses pathologies et finalement, une pédiatre veille aux autres aspects de sa santé. (...).

Ce type de traitement comporte un investissement humain et financier considérable. Sans cela, il demeurait probablement lourdement handicapé et devrait être pris en charge toute sa vie, ce qui décuplerait les coûts pour la collectivité.

Mon fils a de la chance! Cette chance n'est pas d'avoir des parents riches pouvant se payer des services aux privés, nous ne le sommes pas. L'intégralité des traitements, jusqu'au transport pour aller au centre de rééducation, est assumée par l'État.

Cette chance lui vient de sa mère. Né au Québec d'une mère française, notre garçon possède la double nationalité, française et canadienne. Après une année de démarche sans obtenir des services adéquats de rééducation au Québec, nous avons pris la décision de déménager en France.

Au Québec, après la sortie de notre fils de néonatalogie, plus de quatre mois se sont écoulés avant que la neurologue daigne faire suivre le dossier au centre de réadaptation de notre région. (...). Huit longs mois d'attente furent nécessaires avant que notre fils reçoive une première séance de physiothérapie. L'offre de rééducation pour notre fils au Québec; une heure par semaine de physiothérapie. Un coup d'épée dans l'eau!

À un an, fiston ne tenait toujours pas sa tête. Par mesure de prévention, nous voulions obtenir un petit fauteuil adapté. (...). En réponse à notre demande, l'ergothérapeute nous signifiait qu'il fallait d'abord l'apparition d'un problème avant qu'un physiatre en fasse la demande à l'assurance maladie. Par cette intervention, il venait de décrire le système de santé du Québec, basé sur le curatif. Au diable la prévention! (...).

Dans notre malheur, nous avons de la chance, ce qui n'est pas le cas de tous les parents d'enfants handicapés au Québec. Sa mère et moi aurions aimé qu'il ait cette occasion dans son pays de naissance, mais le Québec a fait d'autres choix.

Sébastien Dubois

Anciennement de Sherbrooke

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