Les propos condescendants du ministre Blais

Le ministre de l'Éducation du Québec, François Blais, affirme que la... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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La Tribune

Le ministre de l'Éducation du Québec, François Blais, affirme que la participation d'enfants à l'activité « Je protège mon école publique » constitue une forme d'instrumentalisation politique de ceux-ci par leurs parents. Qu'un tel commentaire paternaliste sorte de la bouche du M. Blais n'est pas bien surprenant.

En effet, la condescendance du ministre de l'Éducation est connue. Rappelons-nous l'invitation qu'il a lancée aux universités afin qu'elles expulsent quelques étudiants grévistes pour « en faire des exemples ». Dans la même veine, on se souviendra de son avertissement aux enseignants de cégep disant qu'il allait les « punir » s'ils participaient au mouvement de grève sociale du 1er mai 2015. Aujourd'hui, son paternalisme méprisant vise les parents. Je suis un parent qui a choisi d'amener son enfant à la manifestation devant son école [hier] matin. Je l'ai fait, car j'observe quotidiennement que mon enfant et ses enseignantes subissent les effets pernicieux de la politique d'austérité sur l'éducation publique.

Je l'ai fait, car je veux qu'il constate que lorsque je dis que « L'éducation c'est important! », ce ne sont pas des mots en l'air. Je l'ai fait aussi parce que je considère que l'implication citoyenne fait partie de l'éducation que je me dois de lui transmettre. Lorsqu'une situation est injuste et intolérable, je veux que mon enfant sache qu'il est du devoir des citoyens d'agir. Or, les compressions du gouvernement libéral sont injustes et intolérables.

La quête du déficit zéro se fait sur le dos de nos enfants et des plus démunis. Plutôt que de considérer des solutions qui assureraient un meilleur partage des richesses, les libéraux choisissent des politiques qui contribuent à l'accroissement des inégalités sociales et économiques.

S'il a véritablement à coeur le bien-être des enfants et qu'il craint leur instrumentalisation, j'invite d'abord le ministre Blais à cesser de leur mentir en répétant que les compressions n'affectent pas les services aux élèves. Je l'invite ensuite à laisser tomber les attaques contre la personne et les procès d'intention visant les parents - deux tactiques indignes d'un philosophe de formation comme l'est M. Blais - et d'engager un véritable dialogue avec ceux qui ont à coeur l'éducation publique au Québec.

Steve McKay

Père de deux enfants qui fréquentent l'école publique

Président du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke

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