Partenariat transpacifique : un peu de rigueur

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La Tribune

Le Partenariat transpacifique (PTP) a fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours. Malheureusement, plusieurs intervenants manquent de rigueur dans leur analyse. J'étais à Maui, Hawaï, la semaine dernière pour suivre les négociations.

Les 12 pays impliqués ont des réalités économiques, sociales et politiques très différentes. Tout comme lors des négociations multilatérales de l'Organisation mondiale du commerce, les intérêts divergents des pays participants font en sorte qu'il est très difficile de clore les négociations, chacun ayant reporté à la fin les discussions portant sur les secteurs qui lui sont sensibles. ...). De toutes mes rencontres avec des organisations de producteurs ou des représentants d'autres pays, aucun ne m'a dit que le Canada devrait abolir la gestion de l'offre, tout comme aucun pays ne demande aux États-Unis de modifier son Farm Bill (1000 milliards $ de subventions sur 10 ans) ou au Japon de libéraliser entièrement son marché du riz. ...). Il y aura reprise des négociations en 2015. ...). Selon le représentant du American Farm Bureau qui était sur place, la fenêtre pour une entente est cet automne. Au-delà de cette échéance, il sera trop tard pour que l'entente soit acceptée par le congrès avant le début de la fièvre provoquée par les élections présidentielles américaines de novembre 2016.

Heureusement que dans ce marathon de négociations, nos ministres et gouvernements ont plus de vision que certains analystes économiques et qu'ils comprennent l'importance de la gestion de l'offre. L'Europe traverse une crise agricole sans précédent et les producteurs de lait américains viennent de subir des baisses de revenus de plus de 30 %. En agriculture, en raison du grand nombre de producteurs et de l'imprévisibilité des rendements, l'équilibre du marché entre l'offre et la demande est le fruit du hasard et cet équilibre, s'il arrive, ne dure jamais. C'est pour cette raison qu'il y a une si grande volatilité des prix pour les produits agricoles sur les marchés mondiaux. La gestion de l'offre est une solution économique à cette imperfection du marché. Ailleurs, on soutient les prix par des interventions financières pour pallier la volatilité, lesquelles interventions, doit-on le rappeler, ne sont pas sur la table de négociation du PTP. La gestion de l'offre permet à une multitude d'entreprises agricoles, partout sur le territoire, d'assurer leur pérennité et de contribuer aux économies régionales sans pour autant opter pour le gigantisme américain. Veut-on vraiment changer une recette gagnante?

Marcel Groleau,

Président général

Union des producteurs agricoles

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