Encore trop de noyades

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

Bien qu'il soit en baisse constante depuis quelques années, le nombre de noyades est encore trop élevé au Québec.

D'autant plus qu'un meilleur respect des consignes de sécurité, notamment le port d'une veste de flottaison, permettrait de réduire davantage le nombre de victimes.

En outre, de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer que le Règlement sur la sécurité des piscines résidentielles s'étende à toutes les piscines sans égard à la date de leur installation.

Ce règlement, adopté en 2010, stipule que les piscines installées avant le 22 juillet de cette année-là sont exemptées.

Alors que s'achève la Semaine nationale de prévention des noyades, 24 personnes ont péri par noyade depuis le début de l'année au Québec, soit le même nombre qu'à pareille date l'an dernier, dont trois en Estrie.

Dans de nombreux cas, la simple observation des règles élémentaires de sécurité aurait pu permettre d'éviter ces drames, notamment le port d'une veste de sauvetage ou encore la prudence avant de s'aventurer dans un cours d'eau ou de se baigner dans des endroits non surveillés.

Bien que le nombre de noyades soit en baisse constante depuis quelques années (81 en 2011, 75 en 2012, 50 en 2013 et 41 en 2014), la proportion de ceux et celles qui périssent lors d'activités de nautisme demeure sensiblement la même année après année.

« Huit noyades sur dix reliées à la navigation auraient pu être évitées avec le port du gilet de sauvetage », souligne Olivier Meunier, de la Société de sauvetage.

Malgré les campagnes de sécurité sur l'eau, de nombreuses personnes s'aventurent encore sur l'eau sans mettre leur veste de flottaison, comme si elles avaient un sentiment d'invulnérabilité.

Dans le cas des piscines résidentielles, où 50 pour cent des noyades impliquent des enfants de moins de 12 ans, la situation s'est améliorée depuis l'entrée en vigueur du Règlement sur la sécurité des piscines résidentielles en 2010.

Celui-ci stipule que les piscines creusées doivent être clôturées et que les piscines hors terre doivent être munies d'une échelle avec une portière de sécurité qui se verrouille automatiquement. Celles rattachées à une plateforme ou à une terrasse adjacente à une résidence doivent être équipées d'une enceinte de 1,2 mètre.

Or, cette réglementation devrait s'appliquer à toutes les piscines, peu importe leur année d'installation, comme l'avait recommandé la coroner Denyse Langelier en 2013. Deux autres coroners avaient adopté la même position en 2014.

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a déjà indiqué qu'il n'a pas l'intention de suivre la recommandation des coroners en raison notamment des coûts pour faire appliquer une telle mesure.

Il mise sur la sensibilisation et table sur le fait qu'avec les années toutes les piscines seront remplacées et munies de clôture. Un raisonnement un peu court.

Les municipalités, qui ont la responsabilité de veiller au respect de ce règlement, ont le pouvoir de le resserrer, comme l'envisage la Ville de Magog.

Mais combien le feront? Et, sans être fataliste, on peut aussi se demander : combien d'enfants vont périr noyés dans des piscines au cours des prochaines années?

L'intégration de cours de natation au deuxième cycle du primaire, comme l'ont recommandé deux coroners en 2012, fait aussi partie de la solution.

Mais rien ne vaut la surveillance et des installations sécuritaires.

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