Exit le bien commun

Avoir des dettes peut rendre les personnes ou les pays esclaves du prêteur... (Photo AP)

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Avoir des dettes peut rendre les personnes ou les pays esclaves du prêteur (...) avec tout ce que cela peut impliquer dans le monde. La Grèce est actuellement mise à genoux, la souveraineté des pays ne tient plus. La privatisation des services publics et des actifs de la Grèce est exigée, ainsi que la réduction du nombre de fonctionnaires de l'État, une réforme du marché du travail et des négociations collectives.

Au Québec, on se sert de la dette pour justifier l'austérité et les coupes budgétaires. (...). Le ministère de la Santé demande aux établissements de revoir la «pertinence des soins et des services en santé physique» (...). On devra revoir l'offre de service, «optimiser» les processus en termes de «pertinence» des soins, au niveau des médicaments, des fournitures, des pratiques. On parle de «cibles de pertinences à atteindre», «que si ce n'est pas là qu'on coupe, ce sera ailleurs», etc.

On se dirige doucement vers une ère de privatisation des services au Québec, en santé, en transport, dans la gestion de l'eau, etc. Les gens qu'on emploie dorénavant, et qu'on paie bien, sont des gestionnaires de la décroissance et des coupes, avec des seuils de «performance» à atteindre. On parle «d'améliorations» à apporter, comme si, auparavant, tout n'avait été que du gaspillage, de la mauvaise gestion! (...).

Exit la recherche du bien commun et l'accessibilité aux services de qualité pour tous (...).

Pendant ce temps, la dette ne diminue pas véritablement, parce qu'on investit ailleurs, comme dans la technologie de fine pointe pour vérifier les processus de rationalisation, parce qu'on crée de nouvelles structures, parce qu'on augmente les salaires des nouveaux cadres, parce qu'on donne des subventions aux constructeurs de pipelines pour le transport du pétrole, parce qu'on met en place des infrastructures pour les minières, etc.

On pourrait faire autrement, aller chercher davantage de revenus d'impôt auprès des sociétés, taxer le capital des banques et les transactions boursières, etc. Mais ne favorise-t-on pas plutôt l'évitement fiscal et l'évasion fiscale, la baisse des impôts des particuliers et des compagnies? Les valeurs de solidarité et de démocratie sont-elles irrémédiablement en train de disparaître? Est-ce ce que nous voulons?

France Croteau

Sherbrooke

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