Pour le maintien des conseils scolaires

François Blais... (Archives La Presse)

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François Blais

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La Tribune

C'est avec la plus grande des surprises que je découvre que la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) se prononce contre la démocratie scolaire et applaudit au projet du ministre de l'Éducation du Québec, François Blais, d'abolir les conseils de commissaires scolaires.

Reprenant banalement les arguments ministériels, Françoise Bertrand fait valoir des économies de 20 M$. En fait, les élections scolaires de 2014 ont représenté un déboursé de 12 M$. La présidente de la FCCQ vient ainsi contredire le travail sérieux d'un comité d'experts, présidé par Pauline Champoux Lesage, qui recommande au contraire le maintien des élus scolaires, après une étude détaillée du financement, de l'administration, de la gestion et de la gouvernance des commissions scolaires.

On sait déjà que le ministre de l'Éducation a fait part de son intention de mettre en place des conseils d'administration privés pour remplacer l'actuelle structure démocratique. Assiste-t-on déjà à une parade de la FFCQ pour y placer son monde? Je préfère penser que vous avez involontairement outrepassé le mandat de votre Fédération en vous jetant délibérément dans un débat politique. Ce faux pas est bien malheureux, d'autant plus qu'il n'y a qu'une déclaration ministérielle sur la table actuellement et que personne ne connaît le contenu d'un projet de loi promis pour cet automne. C'est donc dire que la FFCQ apparaît comme une organisation voulant dicter l'agenda gouvernemental. Elle est en cela très éloignée de son mandat, sa vision et ses propres valeurs.

Aucune structure ne pourra remplacer des élus scolaires représentant la population locale, il s'agit non seulement d'une perte au plan démocratique, mais également d'une perte pour les régions du Québec. Si le Québec a un système d'éducation performant et efficient, c'est parce que des élus scolaires sont là pour le défendre et résister aux pressions de toutes parts, notamment politiques et financières.

Faut-il le rappeler, les commissions scolaires ont des coûts administratifs de 4,2 %, un taux non égalé dans le secteur public qui fait l'envie de bien des entreprises privées. Ce qui garantit, entre autres, une gestion efficace de la taxe scolaire. Si vous applaudissez à l'intention ministérielle d'en confier la gestion au gouvernement du Québec ou aux municipalités, cela risque de représenter une augmentation de la facture de taxe scolaire.

(...)

Josée Bouchard

Présidente de la Fédération

des commissions scolaires du Québec

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