Un cri de désespoir

Je suis une personne à mobilité réduite et depuis quelques années je bénéficie,... (Archives La Presse)

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La Tribune

Je suis une personne à mobilité réduite et depuis quelques années je bénéficie, au besoin, des services du CLSC, travailleur social, ergothérapeute et aide familiale.

Une marchette est mon véhicule dans mon appartement. Elle me permet de vaquer à mes occupations quotidiennes et de garder mon autonomie.

Avec l'intervention d'une aide-auxiliaire à domicile, je prends une douche une fois par semaine et je lave mes cheveux. Quel bonheur et joie de laisser couler l'eau sur mon corps qui en a tant besoin!

Un tapis antidérapant et des barres d'appui me permettent de garder mon équilibre. J'utilise cette technique depuis un an et tout allait bien.

Or, selon les dires de l'ergothérapeute, un risque de chute est possible, alors que moi je me sentais en sécurité et en pleine possession de mes moyens et de mes forces.

Le verdict est donc le suivant: douche interdite! Un petit deux pouces d'aide pour accéder à la baignoire justifie l'interdiction de poursuivre cette méthode si fonctionnelle.

Inutile de dire que je suis vraiment triste et désemparée. On m'enlève ce que j'ai de plus précieux, mon autonomie, ce bien privilégié que je m'acharne à conserver!

Un monsieur responsable des aides-auxiliaires m'a téléphoné pour m'informer que «les normes nous interdisent cette pratique au bain».

Comment, alors, laver mes cheveux? «C'est simple madame, abstenez-vous», m'a-t-il répondu. Vraiment!

J'ai rappelé au monsieur que «je ne suis pas une norme, je suis une personne à part entière».

Ce que l'on me propose est un bain au lit, ce que je refuse carrément. Ma dignité est intouchable et jamais je n'y renoncerai. L'autre solution est de me laver assise sur la toilette.

C'est beaucoup plus compliqué: je dois appuyer ma tête vers l'arrière et mon aide-auxiliaire à domicile lave mes cheveux dans la douche. Cette technique est plus épuisante pour moi.

Aujourd'hui, on préfère respecter les normes afin de ne pas se retrouver avec des problèmes à son CLSC. Il est devenu plus important de conserver sa réputation au détriment du bénéficiaire et j'en suis une!

Madeleine Blais

Sherbrooke

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