Un vocabulaire justifié

Serge Paquin... (Archives La Tribune)

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Serge Paquin

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M. Serge Paquin,

Nous souhaitons revenir sur vos propos qui ont été rendus publics dans un extrait du conseil municipal de lundi soir (dernier) où vous semoncez notre collègue Chantal L'Espérance dans les derniers moments de la séance du conseil et ce, sans lui donner minimalement le droit de réplique comme vous veniez de le faire pour Vincent Boutin en réplique et à Annie Godbout dans un autre dossier.

Visiblement choqué, notamment, par les mots « trahison » et « arnaque » qu'elle avait utilisés pour décrire le dossier des fusions municipales à Sherbrooke, vous lui avez jeté au visage que le choix des mots, en politique, est très important.

Nous pouvons vous certifier que nous endossons le discours de Mme L'Espérance et les mots qu'elle a choisi d'employer puisque ceux-ci expriment, de façon tout à fait convenable, les sentiments généraux qui nous habitent et qui habitent également la majorité des citoyens que nous représentons à la suite de l'adoption de cette réforme.

Que vous osiez aujourd'hui vous offusquer du choix des mots par notre collègue nous semble, dans les circonstances, pour le moins exagéré. Une courte recherche au sein, notamment, du Larousse ou du Petit Robert saura certainement vous convaincre du choix judicieux des termes utilisés.

Trahison : Action de manquer au devoir de fidélité (Petit Robert) (et la fidélité étant l'exactitude à remplir ses engagements) (Larousse).

Trahir :Cesser d'être fidèle à quelqu'un auquel on est lié par une parole donnée ou une solidarité et par extension, trahir sa confiance (Petit Robert).

Nous pensons que revenir sur la parole et les engagements qui avaient été donnés aux citoyens de Bromptonville et à ses représentants lors de la fusion municipale et réitérés lors des possibles défusions en 2004, constitue une trahison à leur égard.

Arnaque : par extension, tromperie (Petit Robert), en anglais, rip-off. Nous pensons que les citoyens de Bromptonville ainsi que ceux de Lennoxville ont été trompés par les garanties que leur conférait le décret de 2002 quant à leur statut d'arrondissement dans une ville où il existait quatre autres arrondissements déjà plus populeux, mais tout cela accepté en toute connaissance de cause par ceux qui représentaient ces quatre arrondissements.

Nous souscrivons également à d'autres mots qui ont été utilisés par notre collègue à la sortie de la Commission parlementaire, à savoir :

Usurpation : comme synonyme, appropriation (Larousse).

Usurper : s'approprier indûment une dignité, un bien, etc. (indu : qui est contre la règle,l'usage, la raison) (Larousse), voler l'autorité, la puissance (Dictionnaire français L'Internaute). L'abolition du statut d'arrondissement de Brompton et des pouvoirs qui lui étaient conférés a certes été obtenue de façon légale, mais certainement pas de façon légitime, puisque la voix des principaux intéressés était contre et que les garanties de 2002 et 2004 avaient rassuré les parties sur un vote éventuel de la majorité sur cette minorité.

Mentir : c'est aussi taire ce qu'on devrait dire (Petit Robert). Or, ceux et celles qui, à l'époque, ont préféré taire aux populations défusionnistes que la loi pouvait être changée par une autre loi à la suite d'un simple vote majoritaire d'un conseil municipal sur leur statut, leur ont autant menti que ceux et celles qui leur avaient donné de fausses garanties.

Oui, nos citoyens ont le sentiment d'avoir été trompés et floués, car c'est en toute bonne foi que ceux-ci ont bien voulu croire en la solidité des engagements qu ils avaient reçus des élus de l'époque - deux fois plutôt qu'une, en 2002 et 2004 - à l'égard des statuts spéciaux que leur conférait l'entente ayant scellé la fusion municipale.

Hélas, cette entente dûment négociée et entérinée par tous les élus de l'époque et les populations visées, laquelle ayant été confirmée dans un décret, n'aura duré qu'un peu plus d'une décennie. En effet, les dix voix de votre Parti associées aux sept voix de conseillers indépendants ont choisi d'ignorer les promesses formulées aux citoyens de nos arrondissements pour faire aboutir le projet de réforme de la gouvernance malgré leur opposition majoritaire. Aujourd'hui, c'est la disparition de l'arrondissement de Brompton et un jour pas si lointain peut-être, celle de l'arrondissement de Lennoxville, voire même éventuellement, celle de tous les arrondissements.

Nicole Bergeron

Linda Boulanger

Claude Charron

Benoît Dionne

David Price

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