Un personnage hors norme

Jacques Parizeau... (Archives La Presse)

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Jacques Parizeau

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Emanuelle Boutin-Gilbert
La Tribune

(SHERBROOKE) Une pluie d'hommages est tombée hier sur le Québec tout entier pour l'homme politique Jacques Parizeau. Visiblement, son passage en aura marqué plus d'un.

Le « géant politique » aura mené au cours de sa longue carrière plusieurs projets d'envergure comme la nationalisation des compagnies d'électricité, la création du régime des rentes et celle de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il aura par la suite vulgarisé le grand projet de l'indépendance du Québec et aura amené un peu moins de 50 pour cent de la population à y adhérer. Après avoir reçu un « non » collectif en 1995 et s'être retiré de la scène politique en 1996, il sera tout de même demeuré influent en politique et en économie au Québec.

Catherine Côté, professeure agrégée à l'école de politique appliquée de la Faculté des lettres et sciences humaines et présidente sortante de la Société québécoise de science politique, a souligné combien M. Parizeau était un personnage hors norme, avec une façon de faire différente.

Sûr de lui

« Il est arrivé dans le paysage politique alors que les Québécois étaient encore des Canadiens-français et qu'ils avaient un complexe d'infériorité. L'homme public n'était, quant à lui, pas atteint de ce complexe. Ayant grandi dans une famille aisée et ayant fait les grandes écoles, il n'y avait aucune raison, pour lui, d'être intimidé parce qu'il était Québécois. Et ça, ça a marqué toute sa carrière », explique la professeure.

Elle raconte qu'il ne ressemblait à rien que les analystes avaient pu connaître. « Normalement, les politiciens, pour avoir du succès, doivent ressembler à leur public alors que lui est arrivé sur la scène politique avec un discours très économique, vêtu de complets trois-pièces qui faisait un peu banquier. C'était vraiment un curieux personnage. »

Mme Côté souligne ensuite qu'il a contribué à bâtir le Québec moderne. « Il est derrière tous les outils collectifs que le Québec connaît aujourd'hui. Grâce à cet homme et aux outils dont il a doté la province, les Québécois ne se sentent plus inférieurs », ajoute-t-elle.

« Il a été l'un des premiers à penser un Québec en terme mondial. On n'aurait pas le Québec inc. d'aujourd'hui sans lui. Il a été l'instigateur d'une nouvelle mentalité », soutient la professeure de politique.

Elle termine en disant qu'il a été porteur d'un peuple et a légué au Québec la société moderne que sa population connaît aujourd'hui.

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