En voilà assez!

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<p>Maurice Cloutier</p>

Il est temps que les régions s'expriment d'une voix forte pour obtenir une meilleure écoute du gouvernement québécois.

C'est ce que l'on souhaite à l'occasion du Grand Rendez-vous des régions, une rencontre exceptionnelle qui se déroule demain à Québec. Des représentants municipaux de presque toutes les municipalités régionales de comté (MRC) seront réunis pour discuter des conséquences majeures des coupes gouvernementales, mais également des attentes en vue du prochain pacte fiscal Québec-municipalités.

Les municipalités membres de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) ont encaissé plusieurs coups durs depuis un an. En plus d'essuyer une coupure importante des transferts financiers en 2015, elles ont assisté impuissantes à la disparition des centres locaux de développement (CLD) et des conférences régionales des élus (CRÉ).

Les CRÉ étaient pourtant des outils de concertation et de gestion des priorités régionales établies par le milieu. Celle de l'Estrie accomplissait un boulot remarquable en réunissant autour d'une même table des acteurs de plusieurs secteurs névralgiques. Son budget global de fonctionnement et de distribution de fonds dans différents secteurs totalisait 5,8 millions de dollars en 2014. Comment la région récupérera-t-elle cet argent maintenant?

La disparition de la CRÉ laisse un grand vide. Il n'y a plus aucun foyer de concertation régionale de cette nature. Souvent la CRÉ donnait l'impulsion de départ ou coordonnait une offensive dans un secteur précis. Elle devait le faire pour une vaste stratégie de migration de la main d'oeuvre qui est abandonnée. Même l'offensive Coup de coeur, une campagne majeure de recrutement de jeunes talents dans des créneaux spécifiques, vit une période d'incertitude.

Les coupes importantes à gauche et à droite du gouvernement ont aussi des impacts dans différents domaines. Ainsi, une entente de quatre ans et de deux millions de dollars pour soutenir l'immigration dans la grande région de l'Estrie est tombée à l'eau. Que fera-t-on? De nouvelles enveloppes seront-elles allouées? Comment? Quels seront les délais? Bien des questions sans réponse claire.

Le gouvernement libéral a sabordé le réseau des CRÉ, mais il n'a rien proposé pour assurer la suite des choses. Plusieurs régions sont fortement affectées. Il est ambitieux de croire que les MRC arriveront à gérer le développement économique et la planification régionale, en plus de leurs responsabilités actuelles.

Dans sa quête du déficit zéro, Québec a frappé fort dans les régions. On peut aussi citer la vaste réorganisation en cours dans le réseau de la santé, sans oublier les changements à venir dans les commissions scolaires. Certains changements sont souhaitables, mais la multiplication de ceux-ci place en déséquilibre certains secteurs ou certaines organisations en région.

Et que dire de l'intention de la ministre du Tourisme, Dominique Viens, de rapatrier en tout ou en partie le fruit de la taxe sur les nuitées dans un fonds québécois de promotion touristique. Les fonds perçus dans les régions, à la suite de la décision des hôteliers de ces régions pour favoriser des projets locaux de développement, doivent demeurer à l'échelle de chaque région. Il est odieux de constater que Québec veut mettre le grappin sur ces sommes.

Il est temps que les organisations régionales, les municipalités et la population des régions passent le message à leurs députés que le gouvernement a déjà trop coupé dans les régions. En voilà assez!

Il ne faut pas s'étonner si la grogne est vive dans plusieurs régions éloignées des grands centres. Celles-ci souffrent encore plus du désengagement de l'État. Demain, les élus ont l'opportunité de passer un message clair au gouvernement.

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