Des recteurs déconnectés de la réalité

Michael Goldbloom... (Imacom, René Marquis)

Agrandir

Michael Goldbloom

Imacom, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Tribune

Maintenant que le salaire du principal et vice-chancelier de l'Université Bishop's, Michael Goldbloom, est connu de tous et que la pression maintenue par les journalistes lui a fait renoncer à sa double prime, le public est heureux. Je crois cependant (...) qu'il n'est pas le seul (...).

J'imagine les autres recteurs et rectrices de la province qui rient dans leur barbe en prenant leur cocktail à leur chalet au bord du lac. Pendant que le peuple se révolte du faramineux salaire du principal de cette petite université (...) de l'Estrie, les autres roitelets de nos institutions universitaires passent pour des ascètes. Il ne faudrait pas que les conditions fastueuses consenties au principal Goldbloom puissent justifier celles des autres recteurs qui, si plus modestes, demeurent démesurément élevées pour la tâche accomplie.

Les recteurs sont là pour gérer et ils ont tous lamentablement échoué. Par exemple, les abus à l'Université de Sherbrooke sont nombreux, mais très peu commentés. Lors des rares occasions où les principaux concernés sont confrontés à leurs extravagances, la situation est aussitôt minimisée.

Que ce soit le «on était dû pour avoir un bâtiment universitaire» (La Tribune, 8 sept 2010) lâché par le vice-recteur Alain Webster au sujet du campus de Longueuil, ou le «il n'y a pas de quoi prétendre que nous vivons grassement» (La Tribune, 13 avril 2012) du vice-recteur Martin Buteau, au sujet de l'année de salaire versé aux employés qui quittent l'université, ou le «tout ça a été fait selon les us et coutumes» (La Tribune, 12 mars 2012) de Réjean Hébert, concernant sa prime de ressourcement de 115 000 $,ou encore le délicieux» rien ne me paraît abusif là-dedans» (La Tribune, 17 mars 2012) de Bruno-Marie Béchard, au sujet des 400 000 $ reçus après son séjour comme recteur, force est de constater que les dirigeants de nos universités sont (...) déconnectés de la réalité.

Aussi longtemps que les recteurs ou «gestionnaires d'occasion» se contenteront de se comparer entre eux pour se conforter dans leur bonne gestion, le gouvernement pourra toujours augmenter leur rémunération, il n'y en aura jamais assez.

Les recteurs du Québec devraient accorder à M. Goldbloom une prime d'un an de salaire pour avoir à encaisser seul la volée de bois vert qu'ils méritent tous.

Antoine-Olivier Parenteau,

Sherbrooke

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer