Consigner les bouteilles de vin et repenser le bac vert

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La Tribune

On apprend que le gouvernement du Québec envisage de consigner les bouteilles de vin. Avec raison, l'éditorialiste Denis Dufresne convient que c'est la solution pour régler, en partie, le recyclage du verre. Mais le problème est plus large et mérite qu'on y prête attention.

Au cours des années 1970, j'ai milité au sein de l'organisme Éco-Ressources. Ce mouvement citoyen était voué à la promotion d'une meilleure gestion de ce que l'on appelait à l'époque les déchets. En ce temps-là, tous les résidus de consommation, sans exception, aboutissaient aux dépotoirs. Chez Éco-Ressources, on préconisait le tri à la source. En un mot, pour qu'une portion significative des résidus domestiques passe du statut de déchets à celui de ressources secondaires, il était impératif de les séparer par catégories avant de les confier à la collectivité.

Malheureusement, pour les matières réutilisables et recyclables, le tri à la source n'a jamais été mis en oeuvre. Le fourre-tout du bac vert, une solution simple et facile à vendre aux contribuables, mais peu économique dans les faits, est venu tout bousiller. L'idée qu'on pouvait mettre pêle-mêle du carton, du papier journal, du papier glacé, des contenants en plastique de toutes catégories, du verre de toutes les couleurs, de la vitre, de la styromousse et différents métaux, pour ensuite broyer le tout dans la benne d'un camion et penser qu'à la fin de la chaîne on pourrait en tirer quelque chose de réelle valeur, relevait de la pensée magique.

Entre autres, le verre et le papier en ressortent fortement contaminés et déclassés. Force est donc d'admettre qu'en fin de compte, la différence entre le bac vert et le bac gris tient davantage de leur couleur que de leur contenu! (...)

Quant au bac vert, à l'heure actuelle, ce que nous y mettons en vrac pourrait valoir de l'or, mais il faudrait trier les pépites en amont et non en aval. En un mot, si on ne trie pas dans nos maisons les matières réutilisables ou recyclables, les possibilités de réels gains économiques par la suite sont faibles. C'est la réalité actuelle. (...)

La ville de Tokyo, avec ses millions d'habitants, est un modèle en matière de tri à la source. On s'y adonne à un classement littéralement chirurgical des matières. Et des amendes salées attendent les contrevenants. Ensevelis sous des montagnes de résidus, limités par l'espace, les Japonais n'avaient pas le choix de réduire les volumes envoyés aux décharges. (...)

Je suis conscient que repenser la formule du bac vert représente un défi de taille. Mais comme on s'apprête à en retirer les bouteilles de vin, n'est-ce pas l'occasion de revoir également le sort qu'on fait subir au papier et à toutes les autres matières qu'on y déverse? (...) Tôt ou tard, il faudra s'y contraindre. D'autres le font déjà.

Bruno Landry

Sherbrooke

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