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La fin d'une grève étudiante mais la poursuite de la contestation

À l'issue d'un vote serré tenu le 14 avril dernier, les membres de... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

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À l'issue d'un vote serré tenu le 14 avril dernier, les membres de l'Association générale des étudiants de maîtrise et de doctorat en lettres et communications de l'Université de Sherbrooke (AGEMDELCUS) ont choisi de ne pas reconduire leur mandat de grève. En effet, ils ont choisi de ne pas compromettre leur session dans une lutte contre un gouvernement complètement sourd à leurs demandes et obstiné à mettre à mal l'ensemble du système d'éducation québécois, pour ne pas énumérer les nombreuses bases du système social québécois présentement en péril.

Cependant, notre assemblée s'est d'ores et déjà prononcée en faveur d'une participation au mouvement social de masse prévu le 1er mai 2015. Conscients des dangers que font actuellement planer les mesures d'austérité sur l'université québécoise en particulier, et sur le modèle social-démocrate québécois en général, nous nous montrerons plus déterminés que jamais à forcer le gouvernement à faire marche arrière dans son plan quinquennal de saccage des services publics et de démantèlement des acquis de la Révolution tranquille.

Depuis les années 1960, différents mouvements de grève étudiante, qui ont mené à de belles avancées pour la collectivité, étaient tacitement reconnus et admis au sein de la société. Ce n'est plus le cas. Les gouvernements libéraux des dernières années, sur lesquels pèsent de nombreux soupçons de corruption, osent criminaliser la dissidence alors qu'ils pratiquent violence symbolique par-dessus violence symbolique à l'endroit du mouvement étudiant : déni de reconnaissance, mépris et arrogance, répression et loi spéciale, abus de langage visant à associer les grévistes à de dangereux criminels. Quant à eux, la plupart des médias entrent dans le jeu en faisant mine de se demander comment « revenir au calme », tout en démontrant davantage d'empathie vis-à-vis de biens matériels vandalisés que devant des dizaines de jeunes tabassés par la police ou arrêtés massivement, ce qui est un autre exemple de violence qui contribue ironiquement à jeter de l'huile sur le feu. C'est donc autant par solidarité avec les camarades de l'UQAM, que par souci de rétablir la vérité des faits, que l'AGEMDELCUS souhaite rappeler que l'envenimement du conflit relève d'un ensemble de décisions, de prises de position et de facteurs qui ne sont pas uniquement de la responsabilité des étudiants...

À l'instar du mouvement de 2012, la grève de 2015 aura fourni à certains d'entre nous l'occasion d'une sorte d'éducation à la vie citoyenne. Nous voyons plus clairement que jamais à quel point les compressions budgétaires imposées par le gouvernement libéral mettent en péril non seulement la mission, mais l'existence même d'une institution essentielle à l'épanouissement intellectuel, au développement de la pensée critique et au maintien de la démocratie : l'Université.

Nous disons non à un Québec appauvri, sous-éduqué, malade. Nous disons non aux politiques socialement stériles et régressives du gouvernement libéral, lequel gouverne à coups de bâillons. Nous recommandons à M. Couillard et à ses ministres, qui souhaitent tant réduire la taille de l'État et nous forcer à nous serrer la ceinture jusqu'à l'asphyxie, de revoir leurs priorités, et de reconnaître, par le fait même, l'incohérence, voire l'absurdité de leurs discours et de leurs pratiques d'austérité sélective. Nous invitons, enfin, la population à joindre le mouvement de grève sociale du 1er mai pour crier haut et fort, avec nous, sa colère et son indignation.

Le Comité exécutif de l'AGEMDELCUS signe cette lettre au nom de ses membres

Paula Nevares Waisman, présidente

Maude M. Sévigny, vice-présidente

Laïna Daigneault-Desroches, trésorière

Catherine Dussault Frenette, v.-p. académique

Johanna Soter, v.-p. communication

Paola Varutti, v.-p. social

Viet Tinh Dam Le, v.-p. Longueuil

Hugo Chavarie, doctorant en études françaises

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