L'envers de la médaille du conflit étudiant

Depuis le début du «printemps 2015», les médias nous bombardent d'images de... (Archives La Tribune, René Marquis)

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Archives La Tribune, René Marquis

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Depuis le début du «printemps 2015», les médias nous bombardent d'images de manifestants qui réclament des changements sociaux à travers divers moyens de pression. Ceux-ci n'ont toutefois pas le monopole de la volonté de changement. Derrière eux, un autre groupe d'étudiants mène un combat louable qui est bien plus grand que le simple accès aux salles de classes.

Non, nous ne sommes pas des individualistes. Nous partageons simplement un message différent, et surtout, nous défendons des principes qui sont partagés par une bonne partie de la population. Nous croyons que la voie la plus constructive pour apporter des changements positifs à notre société, c'est d'abord et avant tout par des études sérieuses.

La question n'est pas d'être pour ou contre la rigueur budgétaire du gouvernement Couillard. La question est de savoir si des individus ont besoin de brimer le droit à l'éducation pour exprimer leurs opinions. Les tribunaux ont largement statué qu'en aucun temps, le libre accès à l'instruction ne diminue la liberté d'expression. Le droit de manifester et l'accès à l'éducation peuvent très bien coexister sans empiéter l'un sur l'autre.

Les injonctions ne visent pas à brimer la démocratie. Au contraire, elles visent à la protéger. Aucune association étudiante n'a le droit de priver les étudiants de leur droit fondamental à l'éducation. Dans notre système où les associations étudiantes prennent les étudiants en otage, ceux qui désirent étudier doivent s'adresser eux-mêmes aux tribunaux pour défendre l'accès à l'instruction et ainsi travailler à leur façon pour s'impliquer dans la communauté.

En fait, il est absurde que ce combat doive être mené par des étudiants. Ceux qui décident de défendre le droit à l'éducation doivent suivre un processus judiciaire complexe, en plus d'affronter une forte pression de leurs opposants. Il faut une bonne dose de courage pour affronter les menaces et l'intimidation pour poursuivre des démarches qui sont d'emblée ardues. Il est encourageant de voir l'UQAM prendre ses responsabilités et il ne reste qu'à espérer qu'il s agisse du début d'une ère nouvelle, où les rectorats décident de maintenir l'accès à l'éducation malgré la volonté d'une minorité bruyante.

Cela dit, il est primordial de faire respecter non seulement le droit à l'éducation, mais également la primauté du droit. Trop d'injonctions n'ont pas été appliquées comme il se devait en 2012 et l'erreur ne doit pas se reproduire. Il est aujourd'hui essentiel de traduire en justice les individus et associations coupables d'outrage au tribunal pour faire respecter les jugements et ainsi préserver nos libertés démocratiques. (...)

Nicolas Trudel

Étudiant à l'École de politique appliquée

de l'UdeS

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