Un pas en avant, deux pas en arrière

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Il y a un an, le 27 février 2014, le gouvernement du Québec adoptait la Politique nationale de lutte à l'itinérance, sous le titre Ensemble pour éviter la rue et s'en sortir. C'était en quelque sorte l'aboutissement de huit ans de lutte et de revendications en ce sens par le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec et ses membres, parmi lesquels se trouve la Table Itinérance de Sherbrooke.

Cette politique gouvernementale pose un cadre clair et cohérent dans le but de prévenir et réduire l'itinérance. Elle en appelle à une action large, globale et concertée afin d'assurer le respect des droits des citoyens et citoyennes les plus vulnérables du Québec. Elle en appelle aussi à une prise de responsabilités des différents acteurs ciblés par ce dossier, d'où son caractère interministériel. Cette politique prône un virage majeur dans la manière dont nous agissons face à ce phénomène, et force est de constater qu'un an plus tard, cet appel n'a pas été entendu.

En décembre dernier, la ministre Lucie Charlebois, responsable des Services sociaux, a rendu public un plan d'action interministériel censé rendre concrète cette politique nationale. Malheureusement, les moyens pour faire une différence sont loin d'être au rendez-vous. En effet, les sommes liées au déploiement du plan d'action pour la région de l'Estrie représente un montant pour le moins infime au prorata du nombre de personnes itinérantes ou à risque d'itinérance sur notre territoire versus la population totale de notre région, et surtout en égard au budget récurrent supplémentaire lié au plan d'action. De plus, toujours en Estrie, le comité stratégique intersectoriel régional en itinérance n'a toujours pas siégé, à cause de «l'indisponibilité» de certains partenaires. Pour impulser un véritable changement dans la vie des personnes, nous avons besoin d'une réelle volonté politique et d'investissements additionnels dans les différentes régions du Québec, ciblés sur les cinq axes prioritaires de la politique : la santé et les services sociaux, le revenu, le logement, l'éducation et l'insertion sociale et professionnelle ainsi que la lutte à la judiciarisation.

Le second budget du gouvernement Couillard sera bientôt dévoilé. Nous profitons du premier anniversaire de la Politique nationale de lutte à l'itinérance afin de rappeler au gouvernement que d'agir pour prévenir l'itinérance et pour aider les personnes à se sortir de la rue est de sa responsabilité, et que cela constitue un investissement rentable pour notre société. Chaque dollar investi dans cette lutte permet de diminuer considérablement les coûts inhérents, notamment en matière de services d'urgence en santé et en interventions policières. Et chaque action posée dans cette lutte permet d'accroître la dignité des personnes, leur sécurité et leur qualité de vie. Le gouvernement du Québec a les moyens de faire une différence pour les personnes itinérantes ou à risque d'itinérance et c'est pourquoi nous espérons un engagement plus fort pour venir en aide aux plus démunis et vulnérables de notre société.

François Lemieux

Au nom de la Table Itinérance de Sherbrooke

Membre du Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec

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