Des temps durs en santé

Gaétan Barrette... (Archives La Presse)

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Gaétan Barrette

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La Tribune

À peine deux semaines se sont écoulées depuis l'adoption sous bâillon du projet de loi 10 que déjà les citoyens de l'Estrie s'interrogent quant à leur avenir. La transformation majeure de notre organisation des services et de la gouvernance de notre réseau de santé introduite par le ministre de la Santé, Monsieur Gaétan Barrette, fait peur tellement elle est imprévisible... et impitoyable!

Si en début de semaine les hauts dirigeants de nos Centres de santé et de services sociaux (CSSS) ont pu se réjouir de la création de notre nouvel établissement de santé régional, dès le lendemain les visages ont changé d'expression avec l'annonce de l'abolition de quelque 6000 postes de cadres dans le réseau.

Par la centralisation des pouvoirs et la logique managériale qu'elle impose, la réforme Barrette en santé annonce en fait la disparition progressive des services publics généraux offerts à la population. Résolument orientée selon une logique de prestation de soins, de prise en charge et de traitement de la maladie, cette réforme néglige des déterminants sociaux de la santé (par exemple participation citoyenne) lesquels, à terme, coûteront à la société québécoise.

Comment prétendre améliorer l'accès aux services publics en centralisant le pouvoir dans un même établissement régional comme celui en Estrie pouvant compter jusqu'à 17 000 employés? Les nouveaux Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) qui desserviront dès le 1er avril 2015 les vastes territoires de plusieurs CSSS négligeront les populations situées en périphérie, diminuant ainsi l'accessibilité aux populations vulnérables.

Au plan démocratique, cette réforme est encore pire. Exit la participation citoyenne! En lieu et place d'un directeur général qui avait la responsabilité d'administrer un CSSS desservant un bassin de population de 150 000 habitants (ville de Sherbrooke), il y aura dorénavant un seul président-directeur général (PDG) par grande région, qui recevra les commandes du ministre. (...)

Les temps sont durs pour les services sociaux au Québec! S'ils ont un jour formé un des piliers de notre système de santé universel et gratuit, en plus de contribuer au développement d'une société plus égalitaire, les services sociaux sont désormais appelés à jouer un rôle accessoire dans l'amélioration de la santé des Québécois au profit des soins médicaux « spécialisés ». (...)

Bientôt, ce seront par centaines que les professionnels de nos CSSS voyageront soirs et matins pour desservir une portion de leur nouveau territoire. Et vous persistez à dire que cette réforme en santé améliorera l'accès aux services pour tous les Québécois!

David Bergeron

Travailleur social en Estrie

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