Convertis à l'absurde de la violence

Le mercredi 7 janvier, les postes de télévision crépitent la même nouvelle, la... (La Presse Canadienne)

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La Tribune

Le mercredi 7 janvier, les postes de télévision crépitent la même nouvelle, la même horreur. L'attaque à l'arme automatique et la mort de 12 personnes au journal Charlie Hebdo. Les tueurs ont assassiné froidement des hommes qui n'ont que des idées et des crayons comme arsenal.

La folie des hommes a frappé encore une fois et cette fois pour casser et froisser les traits au fusain de la caricature. Le massacre de Charlie Hebdo ne sert ni les dieux ni les humains, mais uniquement ceux qui ont comme dessein de briser les harmonies de la cohabitation entre les différences et ainsi, saboter le vivre ensemble.

L'objectif est machiavélique et il tend à forcer les citoyens à rentrer dans des enclos confessionnels échafaudés comme ghettos de séparation, comme on parquait les lépreux dans des cavernes. Les terroristes radicaux ne souhaitent que la guerre entre confessions pour qu'ils puissent rire dans leurs barbes. (...) Ils ne souhaitent que de nous ramener et de nous tasser dans un mode de type tribal où ils décideraient de la vie et de la mort en fonction des critères qu'ils voudraient promulguer. Grouper, couper les ponts avec l'autre, semer la discorde et classifier les gens en fonction du degré de radicalisation et de dangerosité qui leur sied. Ils ont tué des hommes et par ricochet, ils ont renforcé le pouvoir d'attraction des idées ciblées et de la liberté dont la liberté d'expression. On ne gomme pas les idées en effaçant les hommes.

Nous condamnons énergiquement. Nous dénonçons la terreur et le crime odieux. (...)

Nous ne pouvons nous dissocier de ce dont nous n'avons jamais été associées ni par le geste, ni par le verbe, ni par l'intention. Se dissocier suppose être associé à priori. On se dissocie quand on a été partie prenante, protagoniste ou sympathisant. Personne ne devrait nous faire sentir coupables par association. Chacun doit répondre de ses actes que ce soient les assassins, que ce soient leurs commanditaires.

Nous déplorons la perte des vies humaines et nous nous sentons concernés comme humains, comme citoyens et comme membres de la profession des penseurs libres, des artistes et des auteurs, des journalistes et des caricaturistes.

Nous compatissons avec les familles des victimes, leurs collègues, leurs proches. Nous offrons nos sympathies aux défenseurs des libertés, aux baroudeurs de la protection des droits et aux humanistes qui dénoncent toutes les violences d'où qu'elles proviennent.

Nous profitons de ce moment de deuil pour lancer un appel à nos amis occidentaux dont nos concitoyens québécois : faisons attention à ne pas sombrer dans les amalgames et à extrapoler les gestes odieux sur toutes les personnes qui ont comme confession la religion de l'islam. Des fois, ces actes barbares, quand ils surviennent, facilitent le déploiement des index et des accusations qui culpabilisent et stigmatisent par association.

La barbarie ne justifie pas les discours haineux et l'ostracisme des communautés déjà fragilisées par tant de terreurs, de rejets et par leur rôle de bouc émissaire (...).

Majid Blal

Sherbrooke

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