On veut plus de considération pour les aînés

Dr Gaétan Barrette (Archives La Presse)

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La Tribune

Dr Gaétan Barrette
Ministre de la Santé et des Services sociaux

La Société québécoise de gériatrie regroupe près de 260 médecins (omnipraticiens et internistes gériatres) investis dans les soins aux personnes âgées.

Nous sommes grandement préoccupés par plusieurs éléments de votre réforme annoncée par le biais du projet de loi 20. La démographie actuelle du Québec se caractérise par une croissance très importante des personnes de plus de 75 ans et particulièrement des plus de 85 ans.

Les besoins de cette clientèle sont spécifiques et complexes. Les multiples comorbidités, conjuguées à l'iatrogénie découlant de pratiques de soins non adaptés (en cabinet, en centre hospitalier, en centre d'hébergement...) requièrent un investissement de temps considérables pour le médecin qui soigne une personne âgée.

Cette situation est tout à fait incompatible avec un modèle qui valorise et préconise un « haut débit » et un temps de consultation plus court. Les personnes âgées seront inévitablement touchées par cette réforme. Nous sommes convaincus qu'ils seront très affectés par une réforme non adaptée à leur situation. Les conditions de pratique projetées génèreraient un risque concret de désinvestissement de plusieurs médecins auprès des personnes fragiles et vulnérables. Cette réforme met en péril les services offerts à nos aînés comme les hôpitaux de jour, les unités de réadaptation et de courte durée gériatrique, les soins à domicile et en hébergement de longue durée.

Peu importe les prémisses qui alimentent votre réforme, les changements à venir doivent impérativement tenir compte des besoins spécifiques des aînés du Québec. Il serait très risqué d'appliquer des règles qui font fi de la nécessaire adaptation de la pratique médicale aux particularités des personnes âgées.

Si nous voulons pratiquer une médecine de qualité conforme à la réalité de la population vieillissante du Québec, les médecins qui s'impliquent en soins aux personnes âgées ne peuvent être soumis aux mesures proposées par votre réforme. Ce n'est pas rendre service ni à la communauté médicale qui s'investit avec passion et dévouement auprès de patients vulnérables ni aux patients et leurs familles qui bénéficient grandement du temps qui leur est accordé.

Il est impératif que nous poursuivions nos efforts pour améliorer la qualité des soins aux aînés. La réforme que vous proposez doit être modifiée pour favoriser et encourager la prise en charge de cette clientèle, approche incompatible avec « une médecine de débit ». Si votre réforme n'est pas modifiée, les aînés du Québec risquent d'être les grands perdants.

Nous souhaitons que vous partagiez la vision de la Société québécoise de gériatrie en reconsidérant le projet de loi 20.

André Doiron, M.D.

Président Société québécoise de gériatrie

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