Vous n'êtes pas sérieux M. le ministre

Yves Bolduc... (Archives La Tribune)

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Yves Bolduc

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Monsieur le ministre de l'Éducation Yves Bolduc,

Depuis que vous êtes en fonction, j'ai de la difficulté avec presque toutes vos déclarations. Et pour ce qui est d'inspirer la profession...

La place des livres dans les écoles, déjà, vous ne compreniez pas. Je me disais, c'est gauche, mais on voit bien qu'il a eu une scolarité sans livres (peu de livres, beaucoup de manuels, beaucoup de questions à répondre, mais des livres, peu). Je me disais, il n'a pas lu les recherches qui plaident massivement pour des livres dans la classe, pour des enseignants lecteurs, pour du choix pour l'élève.

Les commissions scolaires? Je veux bien, comme d'autres, revoir leur rôle. Nous étions ouverts à cette conversation. Mais voilà qu'on fusionne, on ne sait ni les coûts ni les économies, pas de plan. Bref, pas sérieux.

On peut discuter congés de maladie et salaire, c'est de bonne guerre : un demande beaucoup, l'autre offre moins, on se chicane, et hop, une entente. C'est le rituel de négociations. Là, vous êtes comme tous les autres avant vous.

Mais les ratios, les heures de plus? Vrai, des recherches disent que le ratio enseignant/élèves semble n'avoir aucun impact sur les apprentissages. Mais elles disent aussi ceci :

Dans les milieux défavorisés, ce sont des classes de 15 élèves et moins qui ont un impact. Diminuerez-vous le nombre d'élèves par classe dans ces milieux?

La qualité de l'enseignant et le contexte scolaire ont un plus grand effet sur la réussite scolaire que certains ratios. Où sont vos mesures pour ces deux points?

Ces recherches ne se sont pas penchées sur le bien-être des élèves quand il y a moins d'individus par mètre cube... [...].

Si vous étiez sérieux, voici ce qui aurait pu arriver :

«Rêvons un instant. Des militants de la littérature jeunesse auraient été appelés par un ministre de l'Éducation éclairé. [Ils] auraient défendu la cause qui est la nôtre, pour certains depuis si longtemps. Le ministre, convaincu, aurait illico inscrit la littérature jeunesse dans les programmes. Il aurait débloqué les budgets nécessaires. Il aurait mis en place un réseau d'aide et de formation pour les enseignants, invitant à la danse les bibliothécaires, les organisateurs de salons, les associations de médiateurs, les libraires spécialisés. Chaque mois de juin, tous auraient participé à une journée de synthèse, riche de confrontations, d'échanges.» (Thierry Lenain)

Vous auriez touché la tâche, la formation, des objectifs sociaux communs. Là, vous auriez été différent de vos prédécesseurs.

Alors, voici une offre : venez passer trois jours dans une classe [...] et ensuite je vais passer trois jours dans votre bureau. Nous serons mutuellement épatés de nos heures de travail, du nombre de réunions, de notre horaire sans répit.

Mais je vous garantis aussi une chose : vous trouverez que vous avez beaucoup plus d'espace pour respirer que nous. Imaginez vos déclarations si vous respiriez moins?

Ça fait peur, hein?

Yves Nadon, enseignant

Sherbrooke

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