La santé, l'éducation et le contribuable

Le 10 février 2014, trois semaines avant le déclenchement de la campagne... (Archives La Presse)

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La Tribune

Le 10 février 2014, trois semaines avant le déclenchement de la campagne électorale, le Parti libéral du Québec, représentant l'Opposition officielle, critiquait la stratégie du gouvernement de Pauline Marois. À ses yeux, ses compressions trop hâtives nuisaient à l'économie du Québec et brisaient son élan.

De plus, il se portait à la défense du contribuable à qui, selon lui, il fallait donner un répit. Cette vision était exprimée sans ambiguïté dans un point de presse à l'Assemblée nationale : «On n'exigera aucune hausse d'impôt ou de taxe dans le prochain budget. Ça prend absolument un répit pour le contribuable. On demande également des mesures pour stimuler l'emploi. [...] Et on demande également un plan crédible de retour à l'équilibre budgétaire en protégeant la santé, en protégeant l'éducation et en protégeant également le contribuable.» Visiblement, bien des choses ont changé, neuf mois plus tard!

En effet, dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral a d'abord exigé des compressions majeures du réseau de l'éducation, autant au niveau des universités et des cégeps que des commissions scolaires. De plus, sur le plan de la santé, une restructuration majeure est en cours. Elle se traduira aussi par des coupes substantielles dans le budget du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Mais, dans ce processus de redressement budgétaire, si l'on additionne les mesures prises depuis l'été dernier avec celles contenues et annoncées dans la mise à jour économique plus tôt cette semaine, c'est surtout le contribuable qui aura été le plus durement touché. Ce dernier étant le dernier au bout de la chaîne (de pelletage), c'est à lui qu'on refilera la facture, que ce soit dans le cas des réductions de transferts vers les municipalités ou des réductions des budgets des commissions scolaires. Il en va de même pour les nouvelles mesures fiscales qui toucheront les institutions financières ou les entreprises pétrolières.

Le gouvernement pourra toujours arguer que les finances publiques étaient dans un plus piètre état que prévu, prétexte devenu un classique dans l'étape de passation des pouvoirs entre gouvernements. Il pourra aussi invoquer l'urgence de redresser la situation budgétaire du Québec, apparemment sous surveillance par les marchés.

Mais, au-delà de cette rhétorique, ce que les citoyens vont retenir, c'est qu'une fois de plus il y a un décalage gigantesque entre les promesses formulées par les partis politiques pendant les campagnes électorales et les volte-face effectuées par ces derniers une fois portés au pouvoir.

Certainement, cela n'aidera en rien leur perception face à la politique et ne fera que nourrir davantage le cynisme qui les anime à son égard.

C'est triste, mais au fait, qui peut les en blâmer?

Khalid Adnane

Économiste à l'école de politique appliquée

Université de Sherbrooke

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