Les Carrefours jeunesse-emploi en péril

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Le 21 octobre dernier, nous avons appris que le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) compte modifier la mission et le mode de financement des Carrefours jeunesse-emploi (CJE) afin qu'ils ne puissent accueillir que les jeunes prestataires de l'assistance sociale et les jeunes admissibles à l'assurance-emploi de 18 à 35 ans.

Autrement dit, le MESS cesse l'offre de services aux jeunes de 16-17 ans et à toutes autres catégories de jeunes. Aussi bien dire qu'ils vont démanteler les CJE. Les CJE sont actuellement ouverts à tous les jeunes de 16 à 35 ans, sans exception.

En plus des prestataires d'assistance sociale et d'assurance-emploi qui représentent 40 % de notre clientèle, nous aidons souvent des étudiants, des finissants, des travailleurs spécialisés, des immigrants, qui eux aussi, ont besoin de l'appui que nous leur offrons pour surmonter diverses problématiques telles que des attitudes nuisibles en entrevue, pour augmenter leur confiance de soi, pour les aider dans la rédaction de leur curriculum vitae, pour des besoins d'information scolaire et professionnelle, etc.

Avec les coupures dans les universités et les commissions scolaires, les services d'employabilité sont souvent les premiers à écoper, comme le témoigne la fermeture du poste de conseillère en emploi du Service des stages et du placement de l'Université de Sherbrooke. Alors, qu'adviendra-t-il de leurs besoins en employabilité?

Les CJE sont reconnus pour leur expertise en intervention auprès des jeunes et regroupent des employés bien formés avec de solides expériences terrain. Nous travaillons, entre autres, en prévention, justement pour éviter que les jeunes se retrouvent à devoir compter sur l'assistance sociale et sur l'assurance-emploi. Dans les CJE, nous nous faisons un point d'honneur de maintenir la meilleure accessibilité et rapidité de service possible pour les jeunes. Obtenir un rendez-vous ne prend généralement qu'une semaine, ce qui permet de conserver la motivation des jeunes, plutôt que de les engouffrer dans la machine gouvernementale.

D'ailleurs, couper dans les CJE est une décision néfaste autant au point de vue économique que social. En effet, une étude de Raymond Chabot Grant Thornton parue en 2013 nous apprend que les jeunes qui ont consulté les CJE « génèrent des retombées économiques positives [...] et qu'en prenant en considération le montant annuel consacré au financement de base des CJE, le bénéfice net est d'au moins 27 millions de dollars. »

Puisque le gouvernement s'entête à vouloir aller de l'avant en rejetant catégoriquement les propositions déposées par le Regroupement des CJE du Québec, qu'arrivera-t-il aux jeunes qui seront désormais exclus des CJE? Ils ne sauront plus où se référer, ils seront soumis à la compétition qui s'installera entre les diverses ressources désormais financées par « tête de pipe », et plusieurs, soumis à des délais plus longs avant d'obtenir des rendez-vous, se décourageront. Avec les 1,4 million d'emplois à pourvoir d'ici 2021 au Québec, ce n'est certainement pas une bonne idée de détruire les CJE.

Marie-Ève Morin

Conseillère en emploi au Carrefour jeunesse-emploi de Sherbrooke

et finissante à la maîtrise en orientation

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