À l'UQAM comme dans nos familles

L'UQAM a fait les manchettes alors que des étudiantes avaient placardé... (Archives La Presse)

Agrandir

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Tribune

L'UQAM a fait les manchettes alors que des étudiantes avaient placardé d'autocollants les portes de bureau de trois professeurs, insinuant qu'ils avaient fait subir du harcèlement sexuel à leurs étudiantes. Aussitôt, le vice-recteur à la vie universitaire s'est empressé de prendre la défense des professeurs. Plusieurs autres ont adopté le même discours. Et puis, on a tout mis dans le même panier : le mouvement #AgressionNonDénoncée, le harcèlement sexuel au parlement, les portes placardées à l'UQAM. Soudainement, tout était question de vengeance et de présomption d'innocence.

On a donc détourné notre attention du réel enjeu que constituent les violences sexuelles faites aux femmes pour prendre le parti des hommes visés par les allégations de harcèlement et d'agression, en présumant qu'ils étaient innocents. En présumant, donc, que toutes les dénonciatrices mentaient.

Ce qui s'est produit dans les médias la semaine dernière, c'est en quelque sorte ce qui se produit dans les familles où une femme décide de parler de l'inceste qu'elle a subi. Dans les médias, aussi bien que dans les familles, la parole de la victime est remise en doute. «Si c'était vrai, elle en aurait parlé avant et elle aurait porté plainte!» On prend le parti de l'homme visé par les allégations parce que «voyons, c'est impossible, c'est tellement un bon gars». Depuis 35 ans, le CALACS Agression Estrie reçoit des femmes et des adolescentes qui ont subi des agressions à caractère sexuel. Dans les années 1980, nous soutenions des femmes reniées par leur famille, leurs amis-es et leurs collègues parce qu'elles osaient dénoncer; aujourd'hui, en 2014, c'est encore le cas.

La couverture médiatique sur le harcèlement sexuel à l'UQAM représente assez bien les réactions auxquelles sont confrontées les victimes d'agression à caractère sexuel lorsqu'elles brisent le silence. Ce que vivent les étudiantes de l'UQAM présentement, c'est un peu ce que vivent des milliers de femmes, finalement.

À tous ceux et celles qui s'inquiètent de l'avenir de «ces pauvres professeurs qui sont victimes d'intimidation» : vous êtes-vous seulement arrêtés-es pour penser aux conséquences que doivent surmonter les victimes d'agression et de harcèlement? Plutôt que de percevoir cette situation survenue à l'UQAM comme une histoire de vengeance, voyez-la comme un cri du coeur. Un ras-le-bol des femmes qui subissent, jour après jour et de manière répétitive des regards insistants et des paroles déplacées. Cessez de remettre la parole des victimes en doute, cessez de poser les mauvaises questions. Laissez-les parler, laissez-les agir.

À l'Université de Sherbrooke, un groupe pour contrer la culture du viol est en train d'être mis sur pied. Communiquez avec nous pour être mis-e en contact avec la personne responsable.

Les 12 jours d'action pour l'élimination de la violence faite aux femmes se dérouleront du 25 novembre au 6 décembre. Visitez le site internet ou la page Facebook du CALACS Agression Estrie pour plus d'information ou pour prendre part à la campagne.

Stéphanie Tremblay

CALACS Agression Estrie

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer