Les CLD, un investissement payant

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La Tribune

En réponse à l'opinion émise par M. Janick Anctil, président de la Chambre de commerce de Fleurimont, dans le journal La Tribune, édition du 16 novembre 2014, permettez-moi, à titre de président de l'Association des centres locaux de développement du Québec (ACLDQ), de rectifier certaines données et certains faits. Dans le cadre d'une campagne de désinformation qui semble bien orchestrée, M. Anctil tente de discréditer tout le travail effectué par le réseau des CLD depuis 16 ans.

Soyons clairs, le financement des CLD est assumé conjointement par le gouvernement du Québec (72,6 M$) et les MRC (29,2 M$), pour un total de 102 M$. Or, M. Anctil insinue que le financement de 102 M$ est utilisé pour payer des salaires d'employés de CLD qui servent uniquement à gérer 25 M$ en prêts directs aux entreprises. Cette affirmation est totalement fausse et M. Anctil sait très bien que l'action des CLD ne se limite pas à prêter aux entreprises. Nous ne sommes pas des banques!

Accompagnement financier : les faits

Annuellement, les CLD octroient en moyenne 25 M$ en prêts à même leurs Fonds local d'investissement (FLI). À cela il faut ajouter 8 M$ en aide financière aux entreprises d'économie sociale et 4 M$ en aide financière aux jeunes entrepreneurs, pour un total de 12 M$ pris à même leurs budgets d'exploitations. Les CLD offrent donc annuellement environ 40 M$ en prêts et en aide financière directs aux entreprises. Chaque dollar investi par les CLD génère 10 $ d'investissements privés, pour un total de 400 M$ d'investissement annuellement.

Si on reprend l'analogie du président de la Chambre de commerce de Fleurimont, 102 M$ pour générer 400 M$ d'investissements locaux est un investissement payant pour le gouvernement, mais surtout pour l'économie des régions.

Accompagnement technique : la réalité

La majeure partie du temps des employés d'un CLD est consacrée au développement du territoire sous toutes ses formes et l'entrepreneur, celui qui démarre ou encore entreprend une phase d'expansion, est au coeur de ces actions.

Les professionnels des CLD offrent une gamme de services à l'entrepreneur, qu'il s'agisse d'aide pour préparer son plan d'affaires; élaborer son montage financier et ses prévisions financières; rechercher des terrains ou des locaux pour l'implantation de son entreprise; rechercher des partenaires spécialisés; identifier des investisseurs, etc. Un entrepreneur qui s'adresse à son CLD reçoit des conseils, de l'information, de la formation. Il est accompagné, en fonction de ses besoins et de son profil entrepreneurial, à toutes les phases de développement de son entreprise. Bon an mal an, les CLD répondent en moyenne à plus de 30 000 demandes d'entrepreneurs. 80 % de leur tâche est affecté à de l'accompagnement technique. Voilà à quoi sert, en très grande partie, le financement des CLD.

Le pacte fiscal transitoire 2015 : le défi

En proposant un nouveau pacte fiscal transitoire, le gouvernement laissera désormais à la MRC le choix d'offrir elle-même les services de développement économique local et de soutien à l'entrepreneuriat ou de les confier au CLD. Le tout s'accompagnera d'une diminution importante du financement gouvernemental de l'ordre de 40 M$. Il faudra donc faire, avec 32 M$, ce qui était fait avec 72 M$. Le Québec, qui a maintenant perdu près de 100 000 emplois en un an, peut-il se permettre d'abandonner bon nombre d'entrepreneurs épaulés actuellement par des professionnels qualifiés qui ont une connaissance fine des réalités de leur territoire? Sur quelle étude d'impact économique le gouvernement s'est-il basé pour prendre une telle décision? Qui prendra en charge les quelque 30 000 demandes traitées annuellement par les CLD avec 60 % moins de budget? Veut-on faire des économies en diminuant les services aux entreprises?

D'ici quelques mois, l'enjeu de chaque MRC sera donc de faire des choix afin de maintenir l'expertise et la qualité de services développés depuis 16 ans dans les CLD. Il est à souhaiter que les décisions prises seront prises dans la perspective de poursuivre le développement économique de leur territoire en préservant l'expertise locale, en gardant le milieu des affaires impliqué et surtout, en maintenant les initiatives favorisant l'émergence d'entreprises. Il en va de la santé économique du Québec.

Yves Maurais

Président de l'ACLDQ

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