Abolition des CLD : une occasion à saisir

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La Tribune

Vous avez déjà entendu le dicton «Organise-toi si tu ne veux pas te faire organiser»? Un sage conseil que devra suivre plus que jamais la communauté d'affaires lorsqu'il sera question de l'utilisation des fonds accordés par le gouvernement du Québec pour le développement économique des régions.

À cet effet, loin d'être la catastrophe annoncée par certains acteurs du milieu, l'amputation de 55 % du budget des Centres locaux de développement (CLD), et le transfert éventuel de leur mission vers les municipalités régionales de comté (MRC), cache une grande occasion : celle de créer un nouveau modèle de développement économique régional. Ce modèle devra être plus efficace, avoir une structure administrative allégée et être facile d'accès pour toutes les catégories de gens d'affaires. Un modèle grâce auquel les fonds accordés serviront majoritairement à la prospérité des entreprises de chez nous et non à faire vivre une machine administrative.

Regardons les choses en face. Créés en 1998, les CLD utilisent les Fonds locaux d'investissement (FLI) comme principal outil financier. Après 16 ans pourtant, en matière d'entrepreneuriat, plusieurs indicateurs sont préoccupants, notamment la faiblesse relative des intentions d'entreprendre, le déclin du taux de création d'entreprises ainsi que les difficultés anticipées en matière de relève d'entreprise.

Il ne s'agit pas ici d'attaquer les gens qui oeuvrent dans les différents CLD de la province. Ils le font avec passion et avec les meilleures intentions du monde. Mais regardons le modèle d'affaires. Les CLD, qui nécessitent un financement public annuel de plus de 100 millions de dollars, consacrent seulement 25 millions de prêts directs aux entreprises qui sollicitent leur aide. Un tel ratio de performance serait jugé inacceptable dans le secteur privé. Pourquoi donc accepter de dépenser plus de 75 millions de dollars chaque année pour en gérer 25? Parce qu'il s'agit de fonds publics? Cette structure était appelée, tôt ou tard, à faire place à de nouvelles façons de faire. Il faut donc désormais inciter les régions à améliorer leur performance, à être plus productives, avec, entre autres, des objectifs clairs et des cibles mesurables.

Au cours de l'année 2015, pour le développement économique des régions, 32 millions de dollars seront transférés aux MRC de la province plutôt que les 72 millions octroyés auparavant pour l'opération des CLD. Certains crient au scandale. Nous, propriétaires d'entreprises, créateurs d'emplois et de richesse, devrions plutôt mettre l'épaule à la roue, pour faire de l'Estrie une région où on ne se contente pas de parler d'innovation, mais où nous incarnons l'innovation.

Assoyons-nous à la même table que les représentants des MRC de la région et concevons un nouvel outil de développement économique dans lequel la gestion des opérations, la prise de décisions et l'obligation de performance seraient majoritairement à la charge du milieu des affaires, dont font partie les grandes entreprises, mais aussi les travailleurs autonomes et les propriétaires de PME, dont regorgent la plupart des chambres de commerce de la région.

Ne laissons plus uniquement aux élus ainsi qu'aux grandes institutions financières et de professionnels le fardeau de devoir deviner ce qui est bon pour nous. Donnons-nous l'objectif de devenir une région modèle quant à l'implication de toutes les catégories d'entreprises dans la création, la gestion et l'utilisation d'un outil de développement économique novateur, efficace, simple et rentable.

La chambre de commerce que j'ai le privilège de présider donnera l'exemple, le 26 novembre prochain, en organisant un souper-conférence qui regroupera les membres des chambres de commerce de Sherbrooke, de Magog-Orford, de Windsor, du Haut-Saint-François et de Fleurimont. Des gens d'affaires de tous les milieux et propriétaires d'entreprises de toutes tailles viendront entendre parler de l'économie du Québec ainsi que de leur rôle de premier plan dans le développement de celle-ci. Malgré nos horaires chargés, impliquons-nous afin de ramener notre région sur la voie de la prospérité.

Janick Anctil

Président de la Chambre de commerce de Fleurimont

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