Couper pour mieux instrumentaliser

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La Tribune

Malgré des réserves financières colossales et bien qu'il se situe aux derniers rangs des pays « développés » quant à son soutien financier à la radiodiffusion d'État - soit l'équivalent de 29 $ par citoyen en 2015 comparativement à 163 $ en Norvège - le gouvernement canadien s'acharne à mentir en criant haut et fort que la radio et la télévision d'État coûtent trop cher pour mieux justifier les coupures draconiennes qu'il impose à la société radio-canadienne, année après année.

Et si les uns, aux prises avec de réels problèmes économiques, crédules, restent impassibles jugeant que le gouvernement fait preuve de bon sens en coupant ainsi les vivres à cette même société, les autres viennent appuyer les décisions d'un certain Harper en étayant des thèses reliées à l'apparition du numérique, à la diversité des différents supports (tablette, téléphone intelligent, iPod, iPad, etc.), à la multiplicité des médias ou au contraire à leur centralisation, à l'individualisme et quoi encore pour expliquer la désertion des auditeurs des antennes radio-canadiennes. Si le public, qu'il appartienne à la tranche des 18-35 ans ou des aînés, se détourne des ondes radio-canadiennes c'est que plus rien ne distingue celles-ci des médias concurrents : oublions la forme, c'est le contenu qui fait défaut.

De grâce, cessons de discourir. Il n'y a qu'un coupable: le gouvernement canadien.

Durant les 68 premières années de son existence, Radio-Canada a offert une programmation, des contenus, que nul autre média ne savait dispenser. Indépendamment de sa classe économique, sociale, culturelle, tout individu avait accès, sans frais et en tout temps, à une source d'information et de culture unique.

Depuis les dix dernières années (...) les hauts dirigeants de la Société d'État ont allégué que la programmation était trop élitiste et que celle-ci devait, par souci de démocratie, s'adresser à monsieur et à madame tout le monde. Que de mépris envers ce monsieur et cette madame tout le monde qui désormais n'ont plus accès à la réflexion, aux débats, à ces émissions qui permettaient de découvrir la poésie, le théâtre, les grandes oeuvres littéraires, la musique, ses compositeurs, le contexte historique de leurs créations, etc. Résultat, monsieur et madame tout le monde sont stratégiquement privés d'une source d'éducation indispensable, laissés à eux-mêmes, ne pouvant débourser 60 $ pour aller au concert alors que l'élite, généralement mieux nantie, consomme à gros prix les « produits culturels » et se tourne vers CBC, France culture et TV5!

Beau gâchis!

De grâce, cessons de discourir. Il n'y a qu'un coupable : le gouvernement canadien. (...).

Jean-Pierre Harel

Saint-Joseph-de-Ham-Sud

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