La monarchie Bell

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La Tribune

Dans un geste dont la violence le dispute au mépris, Bell a entrepris les travaux préparatoires (établissement d'une route et coupe à blanc) à l'érection d'une tour de télécommunications dans une zone agricole de Bolton-Est, sans même requérir la permission de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ)! Bell défend son geste en se réclamant de sa juridiction fédérale qui le dispenserait du respect des lois et juridictions provinciales et municipales!

Il est vrai que ce geste est posé après que le conseil municipal ait refusé par un vote serré de 4 à 3, de se prononcer contre l'érection d'une telle tour. Mais il est aussi vrai que la municipalité avait indiqué que l'autorisation de la CPTAQ devait être obtenue et que le règlement municipal de zonage devrait aussi être modifié, ce qui ne peut être fait sans une consultation populaire.

Ce geste survient après de nombreuses pétitions des citoyens s'opposant à cette construction et après la dénonciation d'un processus de consultation bidon dans lequel Bell est manifestement en conflit d'intérêts.

Cette construction se situe sur une route panoramique d'intérêt touristique, ce qui contrevient encore une fois au règlement municipal.

Pour couronner cet enchaînement d'infractions, le site de construction se situe tout près de la Réserve écologique de la Mines-aux-pipistrelles qui «... est caractérisée par la concentration la plus importante de chauves-souris hibernantes en Estrie, et la plus diversifiée au Québec. Il abrite en effet plusieurs milliers d'individus représentant, cas unique à ce jour sur le territoire québécois, les cinq espèces de chauves-souris hibernantes au Québec : petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus), grande chauve-souris brune (Eptesicus fuscus), chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis), chauve-souris pygmée (Myotis leibii) et la pipistrelle de l'Est (Pipistrellus subflavus). Pour cette dernière, une espèce menacée ou vulnérable à l'extrême nord de son aire de répartition, c'est le seul site d'hibernation répertorié au Québec. Le toponyme de la réserve écologique souligne à la fois le caractère historique et exceptionnel du site».

Il est malheureux de constater qu'autant le conseil municipal de Bolton-Est que la CPTAQ fassent maintenant patte douce en tardant à utiliser tous les moyens légaux à leur disposition pour stopper le saccage de Bell. Ils se réclament eux aussi de la juridiction fédérale au moment même ou la Cour d'appel du Québec vient de souligner la tendance actuelle au fédéralisme coopératif qui implique la coordination et le respect des différents niveaux de régimes législatifs, surtout s'il s'agit de favoriser l'intérêt public. En se situant en deçà de leurs pouvoirs et responsabilités, tels que confirmés par la cour, nos élus et représentants se situent en deçà de leur honneur et en deçà des attentes des citoyens. Qu'attendent donc la municipalité, la CPTAQ et le gouvernement fédéral pour rappeler Bell à l'ordre? S'agirait-il là encore d'un théâtre de complaisances ou d'un inextricable noeud de conflits d'intérêts? Quoi qu'il en soit, il semble bien que les citoyens devront avoir recours aux tribunaux. Partout ailleurs, c'est la seule voix que semble entendre le roi Bell, qui ne négocie pas avec ses sujets.

Robert Poupart

Bolton-Est

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