PKP ou comment ne pas parler des «vraies affaires»

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Pierre Karl Péladeau

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La Tribune

Plusieurs politiciens s'amusent à faire de la petite politique sur le dos d'un nouveau député notable, Pierre Karl Péladeau. Ils usent de démagogie et de leurs amis dans les médias pour s'en prendre à cet homme d'affaires dont les journaux et autres médias n'ont jamais donné dans la propagande partisane. Mais, puisque dernièrement on s'intéresse ardemment au passé professionnel de nos élus, pourquoi ne pas parler de celui des antagonistes de PKP?

Premièrement, Philippe Couillard, premier ministre du Québec, avec ses allées et venues entre la clinique privée, l'Arabie saoudite et l'Assemblée nationale, en passant par Jersey, pourrait tenir sa langue par rapport au passé professionnel de son plus grand rival potentiel.

Deuxièmement, il y a quelques années, Gaétan Barrette, ancien lobbyiste en chef des médecins spécialistes, faisait des pieds et des mains pour donner le plus d'avantages possible à ses collègues. Aujourd'hui devenu ministre de la Santé, il affronte directement son ancienne équipe professionnelle au nom du gouvernement. Étonnamment, ce revirement de rôle ne semble pas problématique pour plusieurs et ce malgré les apparences de conflits d'intérêts.

Troisièmement, présentement ministre de l'Éducation, Yves Bolduc a fait scandale en obtenant 215 000 $ de prime pour avoir traité 1500 patients, qu'il a laissé tomber par après, alors qu'il siégeait dans l'opposition à l'Assemblée nationale. Le travail de député de circonscription, même si l'on ne siège pas au gouvernement, n'est-il pas déjà assez important pour qu'un élu y porte toute son attention et ses efforts?

Aujourd'hui, ces trois hommes aux cheminements professionnels drôlement entrecoupés entre le secteur public et privé osent prétendre que Pierre Karl Péladeau, actionnaire principal du groupe médiatique Québecor, ne peut pas simplement pratiquer la politique active? Il me semble qu'un homme promettant de mettre tous ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard mériterait plus de respect de la part de ces hommes à la langue bien pendue.

Revenir à la source du problème

De plus, lorsque l'on compare le contenu politique des journaux de Québecor et du journal La Presse, on se rend compte que l'acolyte historique du Parti libéral présente un contenu bien plus subjectif, voire propagandiste, que les quotidiens de Québecor, qui ne sont d'ailleurs pas vraiment réputés pour leur couverture politique. Je n'ai jamais eu la chance de trouver un éditorial chez Québecor Média ayant un parti pris aussi important que le texte d'André Pratte du 3 avril 2014 qui s'intitulait « Trois raisons de voter libéral : économie - référendum - Charte ». Certains politiciens d'une certaine famille politique devraient, à mon humble avis, tourner leur langue dans leur bouche et accepter qu'un candidat d'une aussi grande pointure que PKP puisse leur donner du fil à retordre lors des prochaines élections générales.

Mais, bien au-delà de ces aberrations, je crois qu'il faut revenir à la source du problème. Questionnons-nous réellement. Est-ce que tous les citoyens du Québec ont le droit de participer activement à la politique québécoise? Est-ce que l'on doit juger la valeur de chaque député en fonction de son passé professionnel? N'est-ce pas un droit acquis que de militer politiquement? L'article 3 de la Loi constitutionnelle de 1982 établit clairement dans les droits démocratiques que « tout citoyen canadien a le droit de vote et est éligible aux élections législatives fédérales ou provinciales ». Jusqu'à preuve du contraire, ou jusqu'au prochain référendum gagnant, la Loi constitutionnelle s'applique également à tous les Québécois.

Je trouve également déplorable que les politiciens des autres organisations politiques que le Parti québécois tentent de priver PKP d'une après-carrière politique, eux qui ont tous une alternative advenant que leur vie parlementaire prenne fin. En effet, alors qu'ils peuvent tous reprendre leur carrière dans le domaine de la santé après leur mandat, le trio gouvernemental est bien vorace de vouloir obliger Pierre Karl Péladeau à se départir de sa perspective d'emploi post-politique.

Bref, considérant les récents engagements de PKP par rapport à son entreprise familiale, soit de mettre tous ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard s'il devient chef du Parti québécois et de faire une déclaration pour promettre qu'il ne s'immiscera pas dans le contenu éditorial de ses médias, je considère que cet homme d'affaires peut légitimement aspirer à la direction de son parti, voire à la gouvernance du Québec. Les autres partis politiques pourraient donc changer de discours et parler des « vraies affaires » comme ils nous l'avaient promis durant la campagne électorale, car, à mon humble avis, la petite politique partisane électoraliste n'est en rien un enjeu central pour l'ensemble des Québécois.

Alexandre Dubé

Président du comité péquiste

de l'Université de Sherbrooke

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