L'État ne doit rien aux garderies commerciales

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Dans une lettre d'opinion publiée le 6 décembre dernier, « Pour en finir avec la démagogie de la Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec «, l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) dénonçait la position des garderies commerciales non subventionnées, qui se sert du désarroi des parents en attente d'une place en CPE afin d'obtenir un financement public pour maintenir sous respirateur leurs entreprises.

Le 7 février dernier, la ministre de la Famille annonçait la création de 15 000 places additionnelles en services de garde, dont 85 % en CPE et 15 % en garderies commerciales subventionnées. Cette répartition favorisant les CPE est directement le reflet des besoins des parents, selon une étude objective de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Depuis cette annonce, l'espace médiatique accordé au lobby des garderies privées non subventionnées et la sortie récente de la protectrice du citoyen laissent croire que leurs revendications témoignent d'une injustice profonde.

Il est important de se rappeler que le gouvernement libéral a réagi au scandale des garderies en faisant adopter une réforme majeure du mode d'attribution de places. Ce scandale dénoncé par le Parti québécois invoquait des allégations liant l'attribution de permis de garderie aux donateurs du parti alors que Tony Tomassi était ministre de la Famille.

Contrairement à d'autres secteurs d'activité où la proximité du financement public et les intérêts privés font l'objet d'une enquête, le Québec s'est donné, dans le financement des services de garde subventionnés, un mode objectif d'attribution fondé sur l'évaluation par des gens du terrain.

Cette méthode favorise l'attribution de places en fonction de la pertinence et de la qualité du projet et non les promoteurs qui ont besoin de financement public comme levier pour survivre ou faire du profit.

Les places des garderies commerciales ont connu une croissance phénoménale de plus de 1600 pour cent depuis 9 ans. Avant que n'éclate le scandale des garderies, n'importe quel entrepreneur commercial, qu'il soit dans le domaine de l'abattage de bovins ou dans le secteur de la construction, pouvait obtenir un permis pour la garde de nos enfants. Les garderies commerciales non subventionnées se sont développées de façon anarchique et ont profité d'une manne incomparable avec d'autres secteurs économiques au Québec. Ce faisant, ils ont engrangé des profits directement liés à la nature heureuse de leur investissement.

Maintenant que l'offre est sur le point de répondre à la demande, que la qualité des uns disqualifie le manque de qualité des autres, il est normal qu'une consolidation de l'offre favorise ceux qui répondent le mieux à leur clientèle. Cela fait partie des risques inhérents à l'opération d'une entreprise commerciale. À cet égard, l'État n'a aucune obligation face aux entreprises commerciales qui engrangent des profits annuels de plus de 54 millions $.

Louis Senécal

Directeur général

Association québécoisedes CPE (AQCPE)

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