Remettons en cause le chauffage au bois

Cet hiver, les vendeurs de poêles à bois, de bois de chauffage et de « truies «... (Archives La Presse)

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La Tribune

Cet hiver, les vendeurs de poêles à bois, de bois de chauffage et de « truies « de tout acabit ont dû faire des affaires d'or.

Sur ma rue, dans mon quartier et sûrement un peu partout à Sherbrooke, nous avons probablement atteint le sommet de la pollution par le chauffage au bois.

Il est maintenant impossible de sortir dans nos rues résidentielles pour marcher, surtout le soir, parce que les particules fines qui s'échappent de cette saleté de bois qui chauffe s'infiltrent directement dans nos poumons et causent tous les torts rapportés depuis des années. On ouvre la porte de notre maison et on semble pénétrer directement dans le ventre d'un poêle à bois tant l'odeur forte nous prend au nez et nous fait tousser.

Il est certain que l'air au coin des rues King et Wellington est moins pollué que celui des rues résidentielles. Une étude réalisée à Montréal a prouvé que l'air sur le boulevard Décarie est moins pollué le soir que dans les jolies rues résidentielles où on chauffe au poêle à bois.

Je suis toujours estomaquée d'observer des citoyens verts jusqu'à l'os - qui ne jetteraient pas un morceau de carton dans une poubelle, qui compostent religieusement, qui achètent des voitures qui consomment peu, qui ne mettraient pas une once de pesticide sur leur pelouse, qui vont parfois travailler à vélo - gaspiller tous leurs efforts dès qu'arrive septembre. Allez hop! on part la « truie « pour l'hiver, qui ne se termine pas avant mai chez eux, si on en juge par les cheminées qui crachent cette pollution tant qu'il reste un peu d'humidité dans la maison. Tous les prétextes semblent bons pour que le poêle à bois brûle jusqu'à la dernière bûche la grosse « corde « qu'on a achetée à l'automne.

Les asthmatiques comme moi paient très cher cette habitude si nocive. Et que dire des bébés, des jeunes enfants, des adultes et des personnes plus âgées ou plus fragiles des voies respiratoires et des poumons? Cela coûte combien en bronchites, bronchiolites, pneumonies, crises d'asthme, bronchodilatateurs de toutes sortes? Sait-on à quel point le chauffage au bois est nocif pour la santé?

Y aura-t-il un jour un élu qui osera parler haut et fort et dénoncer cet état de fait?

Quand on sait que chauffer huit heures avec un poêle à bois pollue davantage que conduire une voiture sur 18 000 kilomètres, il faut peut-être s'arrêter, penser et agir!

Lucie Dufour-Lamoureux

Sherbrooke

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