Trop coûteux, votre développement durable

Yves-François Blanchet... (Archives La Presse)

Agrandir

Yves-François Blanchet

Archives La Presse

Partager

Sur le même thème

La Tribune

M. Yves-François Blanchet

Ministre du Développement durable,

de l'Environnement et des Parcs

(...) J'ai été élu conseiller municipal en 2009. J'ai hérité du dossier de l'environnement. Dans le passé, ma contribution à ce dossier dans l'entreprise privée était motivée par un apport durable et la réduction notable des coûts par la revalorisation.

Or comme conseiller, je suis devenu ambivalent. Les contraintes financières de notre communauté sont réelles. En 2009, une usine de traitement des eaux usées a été implantée à Dixville au coût de 4 millions $. Bien qu'une grande partie des coûts aient été subventionnés, nos 700 citoyens ont été contraints d'absorber une bonne partie des coûts de mise en place. Lorsque votre compte de taxes double, c'est pour beaucoup une lourde implication financière. Va pour l'avenir de la planète, mais lorsque les prévisions du fonctionnement de ce machin sont 40 000 $ de plus que prévu, ça fait mal.

Une rivière sillonne notre bucolique village, or le ministère du Développement durable nous a obligés à consolider les berges. Encore des dollars qui se sont envolés.

Notre barrage morcelé par un torrent d'eau s'est rempli de sédiments, ne représentant toutefois aucune menace pour notre population. Preuves à l'appui. D'ailleurs, il est dans cet état depuis 1998. Fin 2012, il doit être impérativement restauré ou démantelé, selon le ministère du Développement durable et son Centre d'expertise hydrique du Québec. Combien ? On parle de près du million de dollars. Et combien a engrangé notre petit hameau en 2012 ? Un peu plus que cette somme. Sommes-nous donc capables d'assumer cette dépense ? Bien sûr que non.

Les contribuables dixvillois sont déjà étouffés. On doit verser 2500 $ en taxes municipales pour une maison évaluée à environ 145 000 $. Une autre malchance : nous comptons trois passages à niveau dont nous devons assumer financièrement la réfection. Inutile de vous mentionner que notre surplus fond à vue d'oeil.

Qui plus est, les élus n'ont même pas encore prévu la suite, c'est-à-dire des sommes en cas de bris et de remplacement du système qui fait fonctionner notre nouvelle usine d'épuration. Comme quoi, depuis maintenant trois ans, c'est votre ministère qui gobe toutes nos maigres ressources financières.

Vous n'êtes pas sans savoir que les villages ont de moins en moins de pouvoir attractif. Une surcharge comme la nôtre devient intenable. L'ambition dont on n'a pas les moyens demeure vaine. Afin de nous émanciper davantage, nous avons réalisé notre plan de développement, en plus d'avoir monté un comité qui a forgé notre politique familiale et celle des aînés. Comment allons-nous mettre en place ces projets porteurs, si nous engloutissons toutes nos modestes recettes ?

Ne vous méprenez pas, nous sommes assez lucides pour valoriser la préservation de notre milieu de vie, néanmoins, nous devons tenir compte de la capacité de payer d'une petite localité aux ressources financières, humaines et matérielles limitées. Sans quoi, quel avenir pour les localités rurales ? (...)

Martin Saindon

Conseiller municipal

Dixville

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer