Pauvres piétons sherbrookois

M. le maire Bernard Sévigny, (Archives La Tribune)

Agrandir

Archives La Tribune

Partager

Sur le même thème

La Tribune

M. le maire Bernard Sévigny,

Je me suis installé à Sherbrooke il y a environ trois ans, pour élever une famille et parce que la vie dans un quartier comme le Vieux-Nord m'attirait. Or, une saine vie de quartier, ça se passe à pied le plus souvent, et à vélo, ou attelé l'hiver à un traîneau d'enfant, avec des déplacements en auto limités dans la mesure du possible aux traversées de la ville et aux voyages à l'extérieur de celle-ci.

C'est pourquoi je m'oppose à la récente décision des autorités municipales de ne déneiger, dans de nombreuses rues, qu'un trottoir sur deux, une mesure qui, tout en permettant des économies de bouts de chandelle à une administration nageant dans les surplus budgétaires, frappe directement cette qualité de vie de quartier qui me fait tant apprécier votre ville.

On nous dit qu'il n'y a qu'à traverser la rue... Mais hier, j'ai vu un citoyen qui marchait dans la rue, le long du banc de neige qu'était devenu son trottoir, et ils seront sans doute plusieurs à prendre cette habitude, plus ou moins consciemment peut-être, mais au détriment de leur sécurité physique comme du simple respect qui devrait être le lot du pauvre piéton sherbrookois dans une ville dont tout l'aménagement montre bien qu'elle préfère les moteurs. Tant qu'à forcer les piétons à traverser et retraverser deux fois plutôt qu'une, et bref, à prendre la rue, pourquoi ne pas transformer ces mêmes rues en avenues piétonnières et obliger les automobilistes à faire un détour?

Pourquoi? Parce que vous avez fait le choix de l'auto, monsieur le maire. C'est évident. Et parce qu'il devient très clair que des expressions comme mobilité durable ne sont, dans certains documents émanant de votre administration, que des fétiches creux agités par votre bonne conscience pour profiter cyniquement des préoccupations environnementales d'une partie de la population et entretenir l'illusion d'une ville se voulant un peu plus verte qu'ailleurs.

Tout comme il devient parfaitement clair, aux yeux de quiconque doit emprunter le boulevard de Portland à l'heure de pointe, que Sherbrooke se prépare un sérieux problème de congestion routière pour les années à venir. C'est rendu qu'ils parlent de vos bouchons de circulation à l'émission « Désautels», à Monrial!

Êtes-vous content? Alors allez-y, continuez de permettre qu'on rase les bois environnants pour y ériger des magasins gros comme des arénas, et de fermer des trottoirs, monsieur le maire.

Louis Hamelin,

écrivain

Sherbrooke

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer