GND en cour : on se calme le pompon!

Gabriel Nadeau-Dubois... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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Gabriel Nadeau-Dubois

Archives La Tribune, Jessica Garneau

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La Tribune

Depuis la condamnation de Gabriel Nadeau-Dubois pour outrage au tribunal, il y a quelques jours, le débat très polarisé du printemps dernier a repris.

Cela me rappelle la Crise d'octobre 1970. La loi sur les Mesures de guerre avait été sortie des boules à mites et des centaines de personnes avaient été arrêtées - pour des motifs parfois très loufoques.

Gabriel Nadeau-Dubois a dénoncé le recours, par certains étudiants, à des injonctions pour obtenir le droit de retourner à leurs salles de classe alors que des assemblées générales des associations étudiantes avaient majoritairement voté pour boycotter les cours et se joindre au mouvement de grève. Dans les propos qui lui ont été reprochés en cour, Nadeau-Dubois n'a pas parlé de légalité, mais plutôt de légitimité.

Du strict point de vue légal, les étudiants ne pouvaient pas faire la grève. La loi 132 appelée « LOI SUR L'ACCRÉDITATION ET LE FINANCEMENT DES ASSOCIATIONS D'ÉLÈVES OU D'ÉTUDIANTS « donne aux étudiants le droit de se réunir en association. Elle donne aussi à ces associations le droit de percevoir à la source une cotisation, d'avoir un local gratuit, de représenter les intérêts des étudiants de niveau collégial et universitaire auprès des directions d'établissements, etc.

Depuis plusieurs années, les regroupements d'associations étudiantes demandent une modification de cette loi afin de donner droit de parole et de vote aux représentants étudiants dans une multitude de comités qui discutent de choses qui touchent directement les étudiants. Ces revendications n'ont jamais eu d'écho favorable de la part des divers gouvernements, en particulier depuis 2007. Il n'est pourtant pas tiré par les cheveux de dire que les droits de scolarité touchent les étudiants au premier chef et qu'ils devraient pouvoir en débattre.

La loi 132 ne parle pas non plus de la façon dont les votes devraient se prendre. Devant ce déplorable vide juridique, les étudiants ont utilisé, tant bien que mal, les assemblées délibérantes d'une société démocratique - imitant, par exemple, des travailleurs qui votent pour une grève. Une majorité est une majorité. Le problème, c'est que la Loi ne reconnait pas les étudiants comme des travailleurs.

Cela ne signifie pas que leurs actions n'étaient pas LÉGITIMES. Tant que la loi ne sera pas modifiée, il y aura conflit entre la légalité et la légitimité. Dans le monde du travail, on a adopté une loi contre les briseurs de grève afin de reconnaître la légitimité des décisions majoritaires des travailleurs qui ont décidé de voter pour la grève. S'il n'y a pas de rapport de force, il n'y a pas de véritable négociation. Dans le monde étudiant, quelqu'un qui va chercher une injonction pour retourner à ses cours, c'est l'équivalent d'un briseur de grève.

Il est à souhaiter que la persévérance de Gabriel Nadeau-Dubois force une modification de la loi 132 ou l'adoption d'une nouvelle loi qui comblera les vides actuels et qui encadrera la démocratie du monde étudiant.

Daniel Faucher

Eastman

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