Comme beaucoup de gens, je suis déchanté de ce festival. Les mêmes manèges ou presque d'année en année, des spectacles intéressants, mais pas surprenants, des kiosques de produits commerciaux et des feux d'artifices qui se ressemblent. La fête semble être tombée dans un confort quelque peu ennuyant.
Pourquoi l'appelle-t-on la Fête du Lac au juste? À part les détritus des feux d'artifice qui jonchent celui-ci, il n'y a rien qui est lié au lac.
Étrangement, il n'y a rien de particulier qui nous fait célébrer ce magnifique lac et ses attributs. Pas d'écrans d'eau ou de fontaines qui dansent, éclairées par des projections éclatées, pas de barges allégoriques flottantes et lumineuses faites par des artistes, pas de spectacles de ski nautique acrobatique. Pas de tours de bateaux dragons, de bateaux électriques ou autres embarcations. On semble utiliser le lac uniquement comme miroir de pétarades bruyantes, dépassées et polluantes. Où sont la créativité, l'innovation et l'inédit?
Il y a de multiples choses à faire sous les thèmes de l'eau et du lac. Il faudrait peut-être y réfléchir.
D'autant plus, pourquoi en 2012 ce festival n'est-il pas un lieu sans fumée? Personnellement, j'évite les foules, soit les spectacles ou les feux, car l'air y est irrespirable. Beaucoup de parents accompagnés d'enfants font de même. Il serait pertinent d'aménager, comme à bien des endroits, des aires pour fumeurs.
Le réaménagement des activités sur le terrain serait aussi, selon moi, à revoir. Pour émerveiller les enfants et le public, il faudrait quantité d'amuseurs publics de calibre, de clowns professionnels et autres. Des gens qui animent le lieu et non seulement des jeux gonflables et des bénévoles. Plusieurs scènes où jazz, blues et même musique classique ou folklorique résonnent à différentes périodes de la journée seraient aussi un atout. De la folie et de la variété, voilà ce qui manque.
Pour être original, il faut avoir de l'audace. Inviter des graffiteurs à venir créer des oeuvres de grands formats et permettre aux artisans et artistes en arts visuels de produire en direct et de diffuser leur art sans leur charger des coûts exorbitants pourrait ramener la culture à cette fête. La population a besoin de nouveauté et d'authenticité.
Étant une fête largement visitée par les ados, pourquoi ne pas aménager un skatepark à l'aide de modules amovibles pour toute la durée de l'évènement? Les acrobaties de BMX, de Trials ou de Roller pourraient aussi faire partie de la fête. Au lieu de juste « chiller «, les ados pourraient s'activer.
Ceux-ci ne sont que quelques exemples d'innovation, et il y en a bien d'autres. Il faut tout simplement sortir de la zone de confort et penser autrement. (...)
Clôde Beaupré
Sherbrooke