En prenant connaissance de vos propos sur les feux extérieurs, publiés dans La Tribune du 14 juin, nous en tirons la conclusion que la règlementation sur les équipements requis et les précautions à prendre a porté fruit depuis 1995. Et ce malgré le non-respect de ces mesures par une majorité de campeurs urbains!
Même si la règlementation autorise depuis le printemps 2009 les feux extérieurs sur le territoire de la ville de Sherbrooke, le nombre de plaintes n'a pas diminué pour autant. Selon un document obtenu de la Ville de Sherbrooke, le nombre de plaintes varie de 156 à 193 par année depuis 2006.
Vous faites appel au civisme des gens, Monsieur Drouin. Mais vous serez sûrement d'accord avec nous sur le fait qu'allumer un feu extérieur, tondre sa pelouse à sept heures le dimanche matin ou écouter de la musique à tue-tête autour de la piscine est au départ un flagrant manque de civisme, car ce sont des gestes posés de façon délibérée qui nuisent assurément au bon voisinage.
Il est illusoire de croire qu'un feu en ville n'importunera personne. Tout dépendra alors du seuil de tolérance du voisinage face à cette agression.
Toutes les personnes rencontrées qui ont tenté une approche, même timide, du sujet auprès d'un campeur urbain, se sont fait rapidement rabrouer et souvent de façon très agressive. Ces derniers affirment haut et fort avoir le droit incontournable de faire un feu, peu importe les désagréments qui en découlent pour le voisinage.
Pour leur sécurité et le maintien du bon voisinage, nous invitons donc les citoyens victimes de la fumée à ne pas se présenter chez le campeur urbain responsable. Continuez plutôt à faire appel aux autorités compétentes et éviter ainsi les agressions verbales et peut-être même physiques dont vous pourriez être victimes. Les Villes de Gatineau, Longueuil, Terrebonne et Boucherville, entre autres, ont compris l'urgence de la situation et ont formellement interdit les feux extérieurs sur leurs territoires.
Nous comprenons très bien, Monsieur Drouin, que vous ayez à composer avec ce règlement ridicule. Mais contrairement à ce que vous souhaitez, un feu en ville ne peut être fait dans un objectif social. Un feu en ville ne peut être fait que de façon égoïste et antisociale. Votre approche bon-enfant pourrait malheureusement être risquée dans certains cas.
En conclusion, vous savez aussi bien que nous que si 175 citoyens se sont plaints l'année dernière, au moins dix fois plus ont toléré la fumée qui les incommodait, juste pour ne pas faire de chicane. Cette situation est totalement absurde à nos yeux et c'est pour cette raison que notre groupe milite activement en faveur de l'abolition de ce règlement.
Jean Lajoie
Jeannine Dauphinais
Diane Bisson
Sherbrooke
(auxfeux@videotron.ca)