Vous avez dit crapules?

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Quand j'entends quelqu'un employer le terme « crapules « pour désigner des gens... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

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Archives La Tribune, Frédéric Côté

La Tribune

Quand j'entends quelqu'un employer le terme « crapules » pour désigner des gens qui ont fait un travail plus qu'exigeant, j'ai envie de faire savoir mon désaccord.

Étant moi-même gréviste dans le mouvement étudiant, je comprends qu'on n'ait pas envie que la partie avec laquelle on tente de négocier fasse durer le conflit pour s'enrichir. Cependant, je suis fondamentalement persuadée que cela n'a pas été le cas lors du conflit entre les membres du SEESUS et la direction de l'Université de Sherbrooke.

La centaine d'employés qui a dû pallier (et ici je ne veux pas insinuer « scabs ») l'absence de plus de 1000 employés de soutien, afin d'assurer le maintien des services aux étudiants, a fait un travail remarquable. Ces cadres, on s'en doute bien, ont dû faire de nombreuses heures supplémentaires pour y arriver. Pourquoi ne seraient-ils pas payés pour le faire?

Ne vous est-il pas venu à l'esprit que l'argent n'est pas à ce point au centre des préoccupations? Qu'on peut aussi préférer être heureux plutôt que plus riche?

Ma mère est cadre à l'Université de Sherbrooke. Elle a, pendant des mois, sacrifié ses soirs, ses fins de semaine, les visites à sa mère à Montréal, les soirées en famille, pour répondre à la tâche qu'elle devait accomplir. N'aurait-il pas été davantage dans son intérêt de prendre un peu de temps pour elle-même plutôt que de souhaiter un prolongement du conflit?

Je vous jure que oui, et que c'est ce qu'elle aurait préféré.

Je n'exclus pas la possibilité qu'une infime minorité de gens ait pu agir par intérêt financier, mais pouvez-vous me dire le contraire des gens qui faisaient la grève?

Je peux assurer que ceux que j'ai côtoyés et qui ont fait des heures supplémentaires pendant ce conflit ne souhaitaient que la fin de celui-ci. Payer leurs heures supplémentaires n'est que légitime. Quant aux salaires auxquels ils sont payés... oui, on peut affirmer qu'ils sont très bien payés pour ce qu'ils font. Mais ne le sont-ils pas aussi, les membres du SEESUS?

Il y a matière à réflexion (d'ailleurs, lorsque nous parlons de sous-financement des universités, je crois fermement que les salaires pourraient être source d'économies).

Je terminerai en faisant la comparaison suivante : traiter de crapules les cadres qui ont été payés pour leur temps supplémentaire pendant la grève ne reviendrait-il pas à traiter de vermines les policiers qui font des heures supplémentaires tout au long du conflit étudiant? On voudrait qu'ils le fassent bénévolement, peut-être?

Magalie Huberdeau, étudiante

Cégep de Sherbrooke

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