Jusqu'où les étudiants iront-ils?

Nous vivons dans un pays démocratique, avec ses avantages et ses... (Archives La Tribune)

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Nous vivons dans un pays démocratique, avec ses avantages et ses inconvénients... Parmi ces avantages, il y a la liberté d'expression qui nous permet de manifester pacifiquement lorsque nous contestons des décisions de l'autorité, dont celles du gouvernement que nous avons élu pour les prendre.Cette liberté a toutefois des limites qui sont déterminées par des lois. Les outrepasser, n'est-ce pas semer l'anarchie?

Lorsque durant les années 80, la fonction publique s'est vue imposer une diminution de 20 % de son salaire annuel, vous imaginez la frustration de ses membres! Les trois grandes centrales syndicales s'étant réunies afin d'affronter le gouvernement et d'enfreindre la loi les obligeant à retourner au travail, les trois chefs syndicaux ont été mis en prison pour désobéissance civile. Quand le gouvernement va-t-il arrêter le leader de la CLASSE qui prône la désobéissance civile?

Bien que plusieurs années se soient écoulées depuis cet événement, la loi demeure toujours la loi et doit être respectée par tout le monde, sans exception. Son application, par contre, est une autre chose; comment les policiers vont-ils agir pour imposer les amendes aux centaines ou milliers d'étudiants qui manifestent? Si le gouvernement ne sévit pas immédiatement contre les étudiants coupables de bris, de blessures aux policiers et de non-respect des diverses injonctions ou de la loi, cela créera un dangereux précédent...

Les étudiants oublient-ils que nous avons les frais de scolarité parmi les plus bas au monde? D'ailleurs, les étudiants des collèges anglophones du Québec, dont plusieurs viennent hors du Québec, l'ont compris et ont refusé de suivre les étudiants francophones.

Les 155 000 étudiants en grève - sur 475 000 étudiants au total - visent-ils vraiment une annulation de la hausse des frais de scolarité ou veulent-ils plutôt contester le gouvernement et le système en place? À voir agir les leaders étudiants, on peut se le demander.

Mais est-ce la bonne manière de contester? N'est-ce pas donner une belle occasion aux fauteurs de troubles de semer la pagaille? Certains contestataires désirent même la gratuité des études supérieures. Mais ne nous leurrons pas, en ce bas monde, rien n'est gratuit et il faut payer quelque part... Qu'on fasse une priorité de l'éducation, c'est bien, mais celle-ci occupe déjà près de 40 % du budget du Québec. Et chose certaine, ce conflit coûte une fortune à notre société que les étudiants devront payer eux-mêmes plus tard, car la dette publique aura encore grimpé.

Or, il faut savoir faire la différence entre le but visé (dans ce cas-ci un idéalisme), la façon de l'atteindre (à l'intérieur des lois) et la capacité de payer (budget limité)!

Quant à l'interdiction de porter des masques ou des cagoules lors de manifestations, une partie de cette génération d'enfants-roi est aussi contre; mais n'est-ce pas les bandits qui habituellement portent des masquent? Quand on n'a rien a se reprocher et qu'on est convaincu de la justesse de sa cause, pourquoi se cacher? (...)

Serge Gingras

Sherbrooke

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