Il nous faut redoubler d'efforts un jour à la fois

À l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, le 31 mai, il importe de... (Archives La Tribune)

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À l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, le 31 mai, il importe de rappeler que la question du tabagisme en Estrie est loin d'être réglée.

Malgré les progrès des dernières années, le tabagisme représente toujours la première cause de maladies et de morts évitables au Québec. Les experts estiment qu'un fumeur régulier mourra environ de 8 à 15 ans plus tôt qu'un non-fumeur. De plus, un fumeur sur deux décèdera des suites de sa consommation de tabac, notamment de cancer, de maladies cardiovasculaires ou de maladies respiratoires. Le tabagisme est responsable de la mort prématurée de plus de 10 400 Québécois et Québécoises chaque année.

Au Québec, on note que le taux de tabagisme a légèrement changé depuis 2005, diminuant de seulement 1,1 % en cinq ans. Cela signifie que chaque fumeur qui parvient à cesser de fumer ou qui meurt est remplacé par une nouvelle personne qui s'initie à la cigarette. Dans la grande majorité des cas, cette personne n'a pas encore atteint l'âge adulte; au Québec, l'âge moyen d'initiation à la cigarette chez les élèves du secondaire est de 12,7 ans.

Le tabagisme en Estrie

En Estrie, pour la période 2009-2010, le taux de tabagisme se situe à 28,6 %, un taux supérieur à celui du Québec qui est de 22,9 %. On estime ainsi que, dans la population estrienne, 75 800 personnes fument et que de ce nombre, 15 200 sont âgées de 12 à 24 ans et 27 900 sont âgées de 25 à 44 ans. On note que dans ce dernier groupe d'âge le taux de tabagisme est supérieur à celui de la province (38,1 % contre 26,8 %). Les Estriennes de 25 à 44 ans fument plus comparativement à la population féminine québécoise (39,7 % contre 24,3 %).

Pire, ces statistiques ne représentent que le taux de consommation de la cigarette. Elles ne tiennent pas compte de la consommation des petits cigares (ou cigarillos) aux saveurs de fruits, de friandises et autres saveurs exotiques, qui sont populaires auprès des ados et des jeunes adultes, ainsi que des cigares et du tabac à pipe.

Les jeunes : une cible marketing de choix!

En dépit des interdictions de fumer, des mises en garde sur les emballages, des programmes et campagnes d'éducation, des restrictions sur la publicité et de la gamme de services en cessation, l'industrie du tabac poursuit son déploiement de stratégies de marketing avec autant de zèle que par le passé, en contournant les lois et en rendant attrayants et trompeurs ses produits mortels. Par exemple, en plus des petits cigares aromatisés à différentes saveurs qui continuent d'envahir le marché, on retrouve du tabac à priser, du tabac à mâcher en sachet et de la chicha, tous aromatisés, et dont la publicité vante leur moindre danger pour la santé. De plus, les paquets de cigarettes traditionnels épousent de plus en plus des formes choyées par les jeunes, comme les iPods et BlackBerry.

En cette Journée mondiale sans tabac, rappelons les efforts dans la lutte au tabagisme, notamment l'encouragement à l'abandon de la consommation de tabac, le soutien aux 60 % de fumeurs qui souhaitent cesser de fumer, la protection des non-fumeurs contre l'exposition à la fumée secondaire, la prévention à l'initiation au tabagisme et l'importance de pouvoir compter sur un cadre législatif pour empêcher l'industrie du tabac de déployer des stratégies de marketing visant l'acquisition par nos jeunes de cette dépendance mortelle.

Joignez le mouvement mondial du 31 mai, tentez l'expérience d'une journée sans tabac.

Dre Louise Soulière

Directrice de la santé publique de l'Estrie

Pour trouver les moyens efficaces qui vous aideront dans votre démarche, consultez :

Le centre d'abandon du tabagisme (CAT) situé dans le CSSS près de chez vous (sur rendez-vous);

La ligne téléphonique J'arrête au 1 866 527-7383, du lundi au vendredi, de 8 h à 21 h;

Le site internet www.jarrete.qc.ca.

N'hésitez pas à en parler avec votre professionnel de la santé, incluant les pharmaciens, qui peuvent, en Estrie, prescrire des thérapies de remplacement de la nicotine.

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