L'organisation, sous la présidence d'honneur des maires de Richmond, de Valcourt et de Windsor, était le fait de la Caisse Desjardins du Centre du Val St-François.
L'ambiance y était magnifique, on n'avait rien ménagé pour faire de la rencontre une réussite. Les jeunes hôtes étaient sur leur 36, les invités également. Le spectacle d'accueil animé par les étudiants était fort sympathique, la présentation de leurs projets, instructive et impressionnante, le service de traiteur, impeccable et l'orchestre invité, animé d'une énergie communicative qui m'a dégourdi les jambes comme je ne l'avais pas fait depuis bien longtemps.
Le tout a permis la remise à l'école d'un montant de plus de 7000 $. Bref, une soirée réussie. Pour tout cela, je ne puis que dire « bravo « aux organisateurs!
Ma présence à ce bal traduit à la fois l'importance que j'accorde au monde de l'éducation - j'y ai passé le plus clair de ma vie professionnelle - et l'appui que je voulais signifier à tous ceux qui prennent d'aussi heureuses initiatives.
Silence sur la crise
J'ai toutefois un bémol, un bémol que je n'étais pas seul à ressentir pour en avoir parlé à des gens autour de moi. Pas un mot, pas une allusion à la crise que traverse présentement le monde de l'éducation.
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir demandé aux organisateurs de dire un mot sur le sujet. Je ne demandais pas une prise de position, je ne demandais pas un débat, je ne voulais pas récupérer l'événement. Je voulais simplement que l'on fasse preuve d'un minimum de conscience sociale.
J'aurais voulu qu'un organisateur ou un animateur dise aux jeunes du Tournesol la chance qu'ils ont. J'aurais voulu qu'un organisateur ou un animateur les invite à avoir une pensée pour ceux qui souffrent de la situation, qu'ils soient rouges, blancs ou verts. J'aurais voulu que l'on sensibilise ceux-là qui se retrouveront au cégep en août prochain à la dimension sociale de leur réalité d'étudiant, au-delà des projets sociaux, en soi remarquables, que le bal voulait supporter et encourager.Il y avait dans ce silence une contradiction gênante avec l'objectif même derrière tous ces projets.
J'ai bien compris que l'on voulait éviter à tout prix quelque intervention à connotation politique. Je ne voulais pourtant pas faire de politique. Aussi, je déplore qu'on ne m'ait pas donné la chance de m'expliquer davantage. Voilà qui est fait.
Ce malentendu me rappelle une très vieille chanson : « Mais à part ça, Madame la Marquise... «
Michel Carbonneau
Professeur honoraire de l'Université de Montréal
Maire de Lawrenceville