Cassure dans le système éducatif

Une quinzaine de cégeps sont encore en grève (ou en boycott), certains dans... (Imacom, René Marquis)

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Imacom, René Marquis

La Tribune

Une quinzaine de cégeps sont encore en grève (ou en boycott), certains dans leur treizième semaine d'arrêt. La session d'hiver de ces cégeps est pratiquement perdue et à peu près irrécupérable.

Au plan individuel, chaque étudiant peut se permettre de perdre une session et de prolonger la durée de ses études collégiales. Beaucoup le font déjà, les étalant sur une année de plus. Collectivement par contre, le système scolaire ne peut assumer la perte d'une session sans conséquences majeures.

C'est une fraction importante d'une cohorte de finissants qui sans leur diplôme (D.E.C.) ne pourra pas quitter le cégep pour entrer à l'université cet automne; c'est aussi un grand nombre de finissants du secteur technique qui n'accéderont pas au marché du travail. Pensons seulement à la pénurie d'infirmières dans les hôpitaux...

La plupart des établissements du réseau collégial fonctionnent déjà à la limite de leur capacité d'accueil. Comment pourraient-ils dispenser en parallèle (ou en succession) la session d'automne et reprendre la session d'hiver perdue? Car ils devront, comme d'habitude, accueillir à l'automne toute la cohorte des nouveaux venus qui auront terminé leur secondaire ce printemps.

Sans compter que les salaires des personnels des cégeps auront été versés sans que le service d'enseignement ait été rendu. Où trouvera-t-on l'espace et l'argent nécessaire à cette reprise?

Dans le débat un brin surréaliste qui entoure ce conflit, il me semble que peu de voix se sont fait entendre pour souligner la rupture qui s'ensuivra au sein du système scolaire dans la séquence et la succession nécessaires des cohortes d'étudiants. Au collégial, celle des finissants doit quitter pour accueillir la suivante issue du secondaire.

Je ne peux que souhaiter bonne chance (et beaucoup d'ingéniosité) à ceux qui devront réparer les pots cassés dans un réseau d'éducation perturbé.

Guy Denis

Retraité du Cégep de Sherbrooke

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