Les Amies de la terre de l'Estrie prônent une agriculture autonome et respectueuse de l'environnement, de l'humain et des animaux, donc qui n'est pas dépendante d'un marché extérieur pour la survie des agriculteurs. Nous ne voulons pas contester le droit de produire des agriculteurs, mais nous faisons face ici à une industrie porcine et non à un agriculteur. L'établissement de cette industrie apportera-t-il une aide aux fermes porcines familiales de la région? Ou bien la présence de cette nouvelle maternité augmentera-t-elle la pression financière sur ceux-ci?
Quelle solidarité est démontrée par ce projet? Est-ce que la solidarité ne fait pas partie même des valeurs d'un syndicat? Quand plusieurs producteurs sont dans la misère, est-il défendable au plan moral que l'industrie porcine vienne étouffer davantage ses producteurs? Les gros grossissent, les autres étouffent! Le projet est sûrement très légal, mais correspond-il aux besoins agricoles de la région?
Le projet consommera beaucoup d'eau de la nappe phréatique, une eau partagée avec d'autres agriculteurs et résidents du coin. S'est-on assuré que ce projet ne met pas en péril l'usage de cette eau? N'importe quel producteur qui subit une crue des eaux aura besoin d'un plan d'ingénieur afin de remplacer le ponceau qui a été emporté. En revanche, cette porcherie se soustraira à une étude d'impact environnemental, car le nombre d'unités animales est inférieur à 600 (2400 truies). N'est-il pas plus important de savoir si l'eau disponible pour le rang le sera encore dans le moyen terme? Est-ce que le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs devrait être plus alerte à protéger l'apport en eau qu'une telle usine exige?
Si l'acceptation sociale est importante pour l'industrie minière, pourquoi recommencer à diviser les habitants d'un village avec un tel projet? Le dialogue n'a-t-il pas plus de valeur que la tension crée par un manque de communication?
Est-ce que les MRC de la région auront à établir une réglementation afin d'encadrer l'industrie des intégrateurs, comme cela s'est fait dans les MRC des Cheneaux et de Pontiac?
Les Amies de la Terre de l'Estrie s'opposent à ce type de projet qui rend la communauté davantage dépendante d'un marché extérieur pour la vente de ses produits et l'achat des intrants. Le principe d'autonomie est remis en cause à l'intérieur de la communauté. Il serait intéressant d'en faire une valeur de base de nos communautés pour la prochaine décennie.
André Nault, président
Les Amies de la terre de l'Estrie