La société du savoir doit bien être avant tout une société dans laquelle les débats sont à haute densité de savoir, sinon à quoi, à qui et où servira-t-il? Or le débat exige la collégialité et la transparence.
Il est utile de rappeler que l'université et l'éducation supérieure n'appartiennent ni au gouvernement, ni au Parti libéral, ni aux recteurs, ni à la CREPUQ, ni aux étudiants, ni aux professeurs et à leurs syndicats, ni aux parents et grands-parents, mais à tous ceux-là et à la société civile qui doit en décider.
Un débat beaucoup plus large que le face-à-face actuel s'impose donc. Il faut s'inquiéter d'un débat mené à coup de pancartes, d'annonces publicitaires, de conférences de presse et de grenades lacrymogènes.
Il faut s'inquiéter d'un débat mené à coup de pancartes, d'annonces publicitaires, de conférences de presse et de grenades lacrymogènes.
La seule porte de sortie acceptable pour les étudiants, le gouvernement et les partenaires de la société civile est un moratoire, comme l'ont proposé Claude Castonguay, Louis Bernard et d'autres. Les associations étudiantes ne peuvent accepter une augmentation des frais de scolarité et le gouvernement ne peut accepter de reculer sur cette question.
De plus, tous et toutes, toutes tendances confondues, devraient militer en faveur d'un débat transparent et éclairé. La proposition de l'ancien recteur de l'UdeM, Robert Lacroix, et de son collègue Louis Maheu (création d'un Conseil de l'enseignement et de la recherche universitaires) permettrait un débat éclairé. Pour cela il faudra que les recteurs cessent de se taire, laissent fleurir leur diversité d'opinions et s'expriment publiquement sur la question, au nom des institutions à la tête desquelles ils ont été cooptés sinon élus. De même, pour les représentants étudiants et ceux des autres partenaires aussi. C'est une grosse commande! Ce qui nous ramène à la sagesse de la proposition de Lacroix et Maheu.
Après s'être présentée comme un cas de siège militaire, la crise des frais de scolarité se présente maintenant comme un cas de siège au sens obstétrique. Attendre ne sert à rien. Il faut retourner le bébé pour qu'il se présente par la tête comme il se doit et comme le débat devrait lui-même se présenter.
Robert Poupart
Ex-recteur d'université
Sherbrooke